Chacun pour soi, semble être le nouveau leitmotiv des partis du centre genevois. En dix jours, les libéraux, puis les radicaux et enfin les démocrates-chrétiens ont présenté leurs propres visions de la politique familiale. A cinq mois des prochaines élections municipales et administratives les états-majors des partis sont en ébullition. Le thème de l'enfance paraît propice aux projets politiques et médiatiquement porteur.

L'affaire du référendum contre les pavillons de la Rade lancé en solitaire par les libéraux sentait déjà la poudre. Depuis, on pensait l'ordre rétabli dans les rangs de l'Entente. Il apparaît que rien ne s'est calmé.

Rappel des faits. Les libéraux ont tiré les premiers en s'opposant à la mensualisation des mamans de jour. En déposant un projet de loi contre une mesure pas encore appliquée, les libéraux refusent toute forme de contrat type, synonyme d'alourdissement des charges communales.

Trois projets similaires

Pour ne pas être en reste, les radicaux ont réagi en quatre jours. En reprenant le projet des radicaux vaudois, ils souhaitent simplifier la législation sur les crèches, trop contraignante et luxueuse à leur goût. A cela s'ajouterait une fondation de droit privé pour coordonner les efforts et les moyens de création de crèches entre canton, communes et privés. Le Parti radical tente-t-il, par cette initiative, de compenser son opposition à l'uniformisation des allocations familiales des prochaines votations du 26 novembre?

«Le PDC est bon perdant»

Les démocrates chrétiens pris de vitesse des deux côtés par ses alliés tentent de faire valoir sa voix à son tour. Le parti de la famille a présenté hier ses ambitions dans le domaine. Guy Mettan, chef du groupe, s'avoue avec un sourire pincé «beau joueur et bon perdant» en constatant s'être fait brûler la politesse par «ses amis» libéraux et radicaux. Guy Mettan relève, avec une pointe d'amertume, que le projet de loi PDC sur les familles d'accueil aurait dû être à l'origine cosigné avec les radicaux. «Ils nous ont lâchés», s'exclame-t-il.

Sur le fond, projet radical et PDC se ressemblent. Mêmes envies de rationalisation des coûts, même souci de déréglementer. A l'exception du projet de fondation qui les divise. Guy Mettan rajoute que «les radicaux ne peuvent être pour la municipalisation des crèches et créer une fondation indépendante, c'est totalement incohérent.» Il se dit aussi «agacé» par les démarches des autres partis de l'Entente qui «font des coups, tandis que le PDC a un projet à long terme». Enfin, le député concède qu'«en cette année électorale nous devrons reparler de tout cela lors de la prochaine conférence interparti fin novembre».