Avoir des provisions et des réserves est une chose, avoir suffisamment de liquidités en est une autre. La question se pose en particulier chez Helsana, parce que son dernier ratio de liquidité publié est nettement inférieur à un dans l'assurance sociale. Ce qui, traduit du jargon économique, signifie que la caisse a davantage de dettes à court terme que de moyens liquides ou mobilisables rapidement pour y faire face.

La principale marge de manœuvre dont dispose la caisse est de liquider des placements. Mais l'on sait qu'il est difficile de le faire sans pertes actuellement – du moins pour les actions. Christian Beusch assure pour sa part qu'«Helsana n'a aucun problème de liquidité», Helsana a certes diminué substantiellement son engagement en actions depuis le début de l'année. Mais c'est «pour mieux rebondir lorsque le marché se redressera». Aucune vente d'action n'a été faite sous la contrainte, ajoute-t-il.

«Je ne crois pas qu'Helsana puisse connaître des problèmes de liquidité, confirme-t-on chez un concurrent. Car «elle peut toujours obtenir des prêts de sociétés sœurs actives dans les assurances privées». Celles-ci présentent effectivement des ratios de liquidité nettement meilleurs. Leurs créances à l'égard de l'assurance sociale paraissent toutefois déjà conséquentes. En outre, le fait qu'Helsana ait réalisé des pertes même dans les assurances privées l'an dernier – domaine dans lequel les caisses sont tout à fait libres de fixer leurs primes – «n'est pas bon signe», ajoute cette même source.