Genève

La Caisse de prévoyance passée au radar de l’expert

Les Genevois sont appelés à voter sur deux projets de loi contradictoires touchant aux retraites des fonctionnaires. Stéphane Riesen, actuaire et expert fédéral en caisses de pension, nous aide à y voir plus clair

Dimanche 19 mai, les Genevois sont priés de terminer le travail du parlement cantonal concernant la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG). Deux projets de loi antagonistes et une question subsidiaire pour les départager sont soumis au vote. Il s’agira de choisir entre les lois 12228 (gauche, MCG et Asloca), et 12404 (Conseil d’Etat et droite). Le désaccord porte principalement sur la question des prestations aux assurés: faut-il maintenir celles qui leur sont promises, sans tenir compte de la capacité de financement de la caisse (primauté des prestations, projet 12228) ou est-il nécessaire de les adapter selon l’argent à disposition (primauté des cotisations, projet 12404)? Autre différence: à quel équilibre doit obéir la répartition des cotisations? 67% à la charge de l’Etat, 33% à celle du fonctionnaire (12228) ou 58%-42% (12404)? La facture totale pour le contribuable se monte à 4,2 milliards.

La réforme est rendue nécessaire par un changement de législation fédérale décidé en 2010. Le canton de Genève n’est donc pas le seul à devoir s’adapter. Fin avril, les fonctionnaires fribourgeois ont débrayé une heure pour protester contre le projet en cours. Il y a cependant une spécificité genevoise, analyse Stéphane Riesen, directeur général adjoint de Pittet Associés, actuaire et expert fédéral en caisses de pension. Ayant participé aux réformes de la caisse de la ville de Lausanne, de celle de l’Etat de Neuchâtel, de celles de la ville et de l’Etat de Fribourg et des communes vaudoises, il est bien placé pour adopter une vue synoptique.