Le rejet de l'initiative «Oui à l'Europe!» par l'UDC aura donc été une simple formalité. Et le reste du programme de l'assemblée de samedi aura été tel qu'il ne crée pas d'entrée un conflit entre Samuel Schmid et sa base. Le répit ne sera toutefois que de courte durée. Le nouveau conseiller fédéral a été chaleureusement applaudi lorsqu'il s'est exprimé, au nom du Conseil fédéral, contre «Oui à l'Europe!». Les propos qu'il a ensuite tenus au sujet de l'engagement de soldats armés à l'étranger ont en revanche laissé l'assemblée de marbre, ce qui en dit long sur le fameux champ de tensions, si cher à Ueli Maurer, qui germera sous peu entre le Bernois et la majorité du parti. Et les virulentes attaques proférées par Christoph Blocher contre ce projet qui préfigure l'adhésion à l'ONU montrent ce qui attend Samuel Schmid. Celui-ci, il l'a prouvé samedi, dispose cependant d'un bagage plus solide que son prédécesseur. Il jouera moins la carte de l'émotion qu'Adolf Ogi. C'est évidemment moins spectaculaire, mais cela obligera peut-être l'UDC à argumenter davantage pour s'opposer à lui. On peut en tout cas en rêver.