Comment font-ils campagne, avec quels moyens, quelle motivation? Alors que les candidats aux élections fédérales n’ont jamais été aussi nombreux, «Le Temps» suit six d’entre eux sur le terrain pour un carnet de campagne.

Face caméra, Kevin Morisod détaille à haute voix ses arguments en faveur d’un financement équitable de la santé. Pour sa première vidéo de campagne, qu’il diffuse sur les réseaux sociaux, le Jeune Vert valaisan, qui a obtenu son diplôme de médecine il y a tout juste un an, a choisi son thème de prédilection. Depuis sa diffusion mi-septembre sur Facebook, le clip, qui dure un peu moins de deux minutes, a été vu plus de 5000 fois.

«Je vais faire trois vidéos en tout durant la campagne qui reprendront des thématiques qui me sont chères, explique le Valaisan. Le but n’est pas de déclamer des slogans faciles, mais de faire passer mes idées via un message ciblé. La deuxième, consacrée à l’asile, est prête. Elle sera diffusée bientôt.» Ces vidéos sont réalisées avec les moyens du bord et en famille. «Mon frère m’aide pour ces tournages, un peu amateurs», sourit Kevin Morisod.

Un précédent instantané de campagne de Kevin Morisod: «Le petit pain, c’est l’outil de campagne le plus rentable»

Toucher un public spécifique

Le Jeune Vert sait qu’aujourd’hui les réseaux sociaux sont un outil de campagne indispensable, même s’ils ne doivent pas remplacer la campagne sur le terrain mais en être un complément. Il est présent sur Twitter, Instagram et bien évidemment Facebook. Sur ce réseau social, en plus de son profil personnel, Kevin Morisod a créé une page à son nom spécialement dans le cadre des élections fédérales de cet automne.

«Le danger des réseaux sociaux, d’autant plus avec les nouveaux algorithmes de Facebook, c’est de tourner en rond, en ne touchant que des personnes qui partagent vos idées. Grâce à cette page, je peux sponsoriser mes publications et choisir précisément quel public toucher.» Son budget pour ces opérations est de 400 francs.

La violence des réseaux sociaux

Si les réseaux sociaux lui permettent une interaction facilitée avec une partie de ses potentiels électeurs, le candidat a également découvert la violence qui se cache sur ces plateformes. «Les premiers messages violents, je les ai reçus en début d’année, lors de la campagne «Stopper le mitage», que nous étions les seuls à défendre avec les Jeunes Vert-e-s Suisse. La première fois, ça surprend, reconnaît-il. Tu n’imagines pas qu’il puisse y avoir autant de réactions alors que tu ne fais que partager tes idées.»

A l’heure du numérique, derrière les écrans, les esprits sont débridés et les critiques souvent acerbes. «Si les commentaires ne sont pas pertinents, je n’y réponds pas, explique Kevin Morisod. En revanche si la critique est constructive, j’estime qu’il est important de prendre le temps de répondre, pour alimenter le débat.»