La campagne contre le deuxième tube routier du Gothard a démarré

Référendum L’ATE et l’Initiative des Alpes récoltent les premières signatures

Le trafic doit passer sur le train pendant la réfection du tunnel

Le référendum contre la construction d’un deuxième tunnel routier au Gothard est formellement demandé. L’Initiative des Alpes et l’Association transports et environnement (ATE) ont lancé la récolte des signatures mardi, jour de la publication de la décision du parlement dans la Feuille fédérale.

Elles doivent déposer les 50 000 signatures requises d’ici au 15 janvier 2015. Mais elles veulent aller vite et espèrent atteindre leur objectif avant Noël. «Le comité que nous avons constitué regroupe 50 associations. Cela devrait suffire», relève Caroline Beglinger, coprésidente du comité et codirectrice de l’ATE. Des élus du centre droit devraient néanmoins soutenir le comité référendaire.

Celui-ci n’aura cependant aucune emprise sur la date du scrutin. En principe, le Conseil fédéral sera en mesure d’inscrire ce sujet controversé au programme de la votation du 14 juin 2015, soit trois mois avant les élections fédérales. Le comité référendaire en serait ravi. Toutefois, la ministre des Transports, Doris Leuthard, a tenu des propos sibyllins au micro des Radios régionales romandes il y a dix jours. «Si l’on prend en compte toutes les initiatives qui seront prêtes et les référendums qui sont annoncés, on aura une dizaine d’objets à mettre à l’agenda des votations populaires. Or, il n’y a que deux dates [le 8 mars et le 14 juin, ndlr] en 2015 à cause des élections fédérales. On votera peut-être sur le Gothard en février 2016», a-t-elle déclaré.

Faisons le décompte. Un autre référendum a démarré mardi: il vise la loi radio-TV (lire ci-contre). Deux initiatives populaires sont prêtes pour le vote populaire: celle des Vert’libéraux sur le remplacement de la TVA par une taxe sur l’énergie et celle du PDC pour la défiscalisation des allocations familiales. Trois autres pourraient l’être à la session de décembre. Elles concernent les bourses d’études, l’imposition des successions et le service public. Et des demandes de référendum pourraient être faites pour le diagnostic préimplantatoire et la loi sur les résidences secondaires. On n’est pas loin des dix objets annoncés par Doris Leuthard.

Le vote sur le Gothard pourrait donc être reporté au-delà des élections d’octobre 2015. Quoi qu’il en soit, le comité référendaire affûte ses armes. Pour le conseiller national Philipp Hadorn (PS/SO), secrétaire général du Syndicat du personnel des transports, «un second tunnel routier saboterait le chantier du siècle des NLFA» qui, insiste Caroline Beglinger, «offrira des capacités de délestage pour faire passer des camions chargés sur le train.»

Le comité juge la dépense de 2,8 milliards prévue pour ce second tube disproportionnée. Il milite pour une solution qui consiste à réaménager des quais de chargement des voitures par le tunnel de faîte, entre Göschenen et Airolo, et à faire passer les poids lourds par la nouvelle galerie ferroviaire de base, qui sera ouverte au trafic en 2016. Il faudrait pour cela aménager des installations de chargement temporaire vers les portails nord et sud du tunnel de base, à Erstfeld et à Biasca.

Comme des résistances locales ne sont pas à exclure à cause des nuisances que provoqueraient ces installations, le comité référendaire milite pour un chargement complet des camions en transit sur le train entre Bâle et Chiasso. L’ampleur des équipements à construire à Erstfeld et Biasca serait ainsi réduite. «Le canton d’Uri fait pression pour cette solution et est prêt à mettre les terrains à disposition», assure Regula Rytz, membre du comité et coprésidente des Verts.

Vice-président du PS, Marina Carobbio regrette que le Conseil fédéral n’ait pas étudié en détail la variante longue Bâle-Chiasso et se soit contenté d’examiner celle du transbordement des voitures et des poids lourds par les tunnels ferroviaires. Celle-ci coûterait entre 1,7 et 1,9 milliard, soit 1 milliard de moins que le deuxième tube routier.

Ferroutage temporaire ou deuxième tunnel routier, les deux solutions poursuivent le même but, mais avec des approches différentes. Il s’agit de permettre l’assainissement du tunnel routier de 1980, qui ne répond plus aux normes actuelles. Pour cela, il devra être complètement fermé pendant environ trois ans. La question est de savoir si, durant les travaux, le trafic sera transféré sur le train ou passera par un second tunnel à construire.

La solution du chargement temporaire entre Uri et le Tessin coûterait 1 milliard de moins