A trois semaines de la votation sur l’initiative UDC «Contre l’immigration de masse», c’est le sujet qui mobilise largement la presse dominicale. Les Verts tessinois sont favorables à l’initiative UDC «Contre l’immigration de masse». Contrairement au parti national qui s’y oppose. Sergio Savoia, coordinateur des Verts tessinois, s’explique dans Le Matin Dimanche. «Je ne souhaite pas que mes fils soient contraints de quitter le Tessin pour trouver du travail. Or avec un taux de chômage de 15% parmi les jeunes, c’est ce qui risque d’arriver», dit-il. Selon lui, le chômage augmente en même temps que le nombre de travailleurs frontaliers. Le marché du travail est devenu un Far West. L’Evêque mormon et chef d’entreprise Fredy Gantner explique aussi longuement dans les colonnes de la Sonntagszeitung pourquoi il est favorable à l’initiative UDC qui permettra de trier quel type de travailleur la Suisse veut attirer. Alors que «Schweiz am Sonntag» donne la parole à Viviane Reding, commissaire européenne en charge de la justice également responsable de la citoyenneté et des droits fondamentaux, qui avertit la Suisse : «c’est une illusion de croire que la libre circulation des personnes peut être renégociée à part des autres accords entre la Suisse et l’Europe.»

La campagne de l’UDC a été presque intégralement financée par Christoph Blocher, écrit «Sonntagszeitung». Soit quelques deux millions de francs depuis le lancement de cette dernière. Les autres riches membres du parti UDC, comme le banquier Thomas Matter, l’entrepreneur spécialisé dans l’électronique Hans-Ruedi Wandfluh ou le concessionnaire automobile Walter Frey, ont refusé d’investir dans ce combat. A trois semaines de la votation, le budget est presque entièrement dépensé. Pour poursuivre la campagne, Christoph Blocher vient de réinvestir un million. Toujours de sa poche.

Parallèlement au débat sur l’initiative de l’UDC «Contre l’immigration de masse», le conseil fédéral doit décider d’ici le mois de mai s’il maintient les contingents pour les Roumains et les Bulgares, écrit «NZZ am Sonntag». En Europe, ces pays obtiendront cette année, une liberté de circulation totale alors que la Suisse dispose encore de 2016 contingents. Les ambassadrices des deux pays concernés souhaiteraient que la Suisse l’interrompe ce système de contingent. Alors que les politiciens suisses de droite appellent à son maintien.

Le journal révèle encore que des sociétés fictives avec des contrats de travail fictifs ont permis à des ressortissant de l’UE et des pays de l’Est d’obtenir des permis de travail et parfois des aides sociales. Grâce à des contrats de travail à durée indéterminée, des ressortissants de l’UE ont obtenus des permis de travail pour la Suisse. Quant aux ressortissants d’Europe de l’Est, ils ont obtenu des permis B. Un tel cas fait l’objet d’une enquête actuellement dans le canton de Berne mais il n’est pas le seul en Suisse, explique «NZZ am Sonntag». Il existe aussi des cas dans lesquels ces personnes ont obtenu des prestations sociales en Suisse. Un procureur anonyme du canton de Zurich estime qu’il existe une douzaine de ces entreprises fictives.

Autre sujet abordé dans la presse du jour, la contrebande passe en Suisse par des jets privés, expliquent Le Matin Dimanche et la Sonntasgzeitung. En réalité, le nombre d’infractions constatées est similaire pour l’aviation de ligne et l’aviation d’affaire, sauf que dans la seconde les montants de marchandise non-déclarée sont beaucoup plus importants. Au-delà des fraudes à la TVA, ce sont aussi de véritables trafics qui sont découverts : drogue, armes, diamants, argent liquide. «La Suisse est une zone de rebond dans le trafic européen, souvent pour repartir vers les Balkans», expliquent les experts. Le Matin Dimanche cite l’exemple du procès de l’ancien comptable de la Banque du Vatican, accusé d’avoir tenté de transférer 49 millions de Suisse par avion privé. Le journal énumère encore les possibilités d’échapper aux douanes et aux contrôles : choisir un aérodrome sans tour de contrôle ce qui ne permettra pas de savoir qu’un avion a atterri ou déclarer un vol avec trois passagers lorsqu’il y en a quatre, ce qui permet au passager non déclaré de s’éclipser avec la marchandise lors d’un arrêt sur le territoire suisse.

Enfin, Schweiz am Sonntag estime que Mark Branson devrait être le prochain chef de la Finma. L’ancien d’UBS semble être le favori de la finance et des grandes banques. Depuis 2010, il était chef de la division «banques» de la FINMA et vient d’en reprendre la direction par intérim depuis le départ de Patrick Raaflaub. Le sujet fait débat parmi les politiques.