Genève

Le campus qui doit transformer Pré-du-Stand (et sauver la planète)

Quel est le projet qui sera construit si les Genevois acceptent, le 24 novembre, de déclasser une parcelle agricole au Grand-Saconnex? Magid Khoury, son promoteur, dévoile les grandes ambitions du Geneva Innovative Campus

«Genève a été un pionnier en adoptant une loi sur le développement durable, qui a ouvert la voie à des actions politiques ambitieuses. Il y a un fourmillement de projets, mais ces actions individuelles manquent encore de cohérence, car il n’existe pas de plateforme unifiée de type campus créant un écosystème stimulant.» Vu par un de ses acteurs clés, voilà l’enjeu de la votation du 24 novembre concernant Pré-du-Stand. Créer, en plus de cinq terrains de football et d’un centre d’entraînement, un lieu pour rassembler les initiatives éparses dans le développement durable sur la parcelle agricole de 12,8 hectares que les Genevois sont appelés à déclasser: le Geneva Innovation Campus. Celui qui porte cette vision est le fondateur de Capvest, une société immobilière.

Son nom, Magid Khoury, est apparu au grand jour à l’occasion de l’affaire Maudet. Il en est l’un des prévenus, pour des faits qui ne sont pas en lien direct avec ce projet. Le promoteur a été entendu par la justice genevoise pour avoir organisé le voyage du PLR à Abu Dhabi. C’est précisément cette immixtion qui a fait sortir la gauche dure et le MCG de leurs gonds, au Grand Conseil, lorsque le parlement a accepté de rendre la fameuse parcelle constructible. Les Verts, chagrinés par la perte d’une importante surface agricole, se sont associés à ces deux formations pour lancer un référendum. Si celui-ci est refusé, le plan en trois parties du Conseil d’Etat pourra se réaliser: édifier à Balexert un nouveau cycle d’orientation (celui du Renard tombe en ruine), déménager Servette FC, qui s’y entraîne, à Pré-du-Stand, et construire des logements au Renard.

Une rente à vie de 600 000 francs

Ce projet nécessite de l’argent: la parcelle appartient à une famille qui a lancé un appel d’offres, remporté en 2017 par Capvest. La société de Magid Khoury, si le dossier va au bout, financera la construction des infrastructures sportives (18,5 millions de francs) et versera à vie une rente de 600 000 francs destinée à leur entretien. Dans le cas contraire, Capvest aura perdu 2 millions de francs.

L’opposition des référendaires se base notamment sur les 90 000 m² de bureaux que le projet mettrait sur le marché genevois, alors que le canton regorge de bureaux vides. Magid Khoury aurait déjà des locataires potentiels. Parmi les académiques, citons l’Université de Genève, qui serait à la recherche de 60 000 m², notamment pour l’enseignement du master en innovation, développement humain et durabilité, ainsi que l’EPFL et le CERN. Des fondations de droit privé, des ONG réputées et des start-up auraient fait part de leur intérêt. «Mais depuis le lancement du référendum, la dynamique est stoppée», regrette-t-il.

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Sur une surface totale de terrain de 128 000 m², 50 000 m² seront dévolus au tertiaire, avec une emprise au sol des bâtiments de 12 000 m², détaille Magid Khoury, qui assure que 280 arbres seront plantés. Des merlons seront créés pour séparer la parcelle des routes qui la bordent. C’est un «Green New Deal» que le promoteur propose. Il a rédigé une note d’intention qui cite l’auteur de cette formule, son «mentor», Jeremy Rifkin. «Mon but est de créer le premier campus axé sur les 17 Objectifs de développement durable définis par l’ONU, reprend-il. Nous devons trouver des solutions pour réduire l’impact des activités comme l’agriculture intensive et la mobilité. L’économie verte peut être un levier de croissance important et ce campus peut donner une impulsion pour Genève et la Suisse. C’est un projet pour la collectivité. Je crois au ruissellement positif pour toute la communauté.»

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