L'hypothèse d'une droite unie pour l'élection partielle au Conseil des Etats du 30 octobre prochain prend corps. Sauf surprise, le chef du groupe libéral au Grand Conseil Philippe Bauer sera l'unique candidat d'une liste libérale-radicale-UDC appelée à briguer la succession du socialiste Jean Studer. Cette entente constitue une grande première dans le canton et met un terme (provisoire?) aux nombreux déchirements qui ont agité le camp bourgeois depuis 2001, date de l'irruption de l'UDC sur la scène cantonale.

Jeudi soir, le comité cantonal du Parti libéral/PPN a sans surprise décidé de retenir Philippe Bauer, avocat de 43 ans, au détriment de l'ancien conseiller national Rolf Graber. «Philippe Bauer se place dans la dynamique de renouveau du parti», explique le président du parti Jean-Claude Baudoin pour éclairer ce choix. Les membres du Parti libéral seront appelés à appuyer l'option prise le 27 août lors d'une assemblée générale anticipée.

Séduits par son profil «clairement à droite», radicaux et UDC soutiennent la candidature de Philippe Bauer sur une liste commune. Le directoire du Parti radical a pris officiellement position vendredi à la mi-journée lors d'une rencontre avec des émissaires libéraux. Cette décision doit encore être validée par les membres du PRDN lors d'une assemblée générale dont la date doit encore être fixée. La base de l'UDC prendra position le 30 août.

L'alliance entre les trois partis bourgeois réduit à néant les chances de l'ancien conseiller d'Etat radical Thierry Béguin. Intéressé par la fonction, il s'était mis à la disposition de son parti. Trop centriste pour fédérer toute la droite, honnis par l'UDC et de nombreux libéraux, il a décidé de renoncer. «Je ne veux pas présenter une candidature sauvage, indique-t-il. Je crois que ça déplairait aux gens. Je prends acte de la décision de mon parti. Philippe Bauer représente une UDC «light». Sa candidature va plaire à la droite dure. Les vrais libéraux, eux, ne devraient pas faire preuve d'un enthousiasme délirant…»