Malgré le marathon auquel elles ont dû se soumettre, Micheline Calmy-Rey (costume blanc) et Ruth Lüthi (tailleur rouge) sont reparties aussi fraîches et souriantes qu'elles l'étaient à leur arrivée. Et à chaque fois qu'elles se croisaient entre deux portes, elles en profitaient pour se faire une bise ou se glisser un encouragement, en «bonnes copines». Face à l'impossibilité des autres partis à départager Micheline Calmy-Rey et Ruth Lüthi, on aurait presque dit qu'elles étaient interchangeables. «Job sharing!» a même lancé un membre influent du Parti socialiste venu assister à la conférence de presse du groupe démocrate-chrétien. A vrai dire, pour ceux qui ne les connaissaient pas, le seul moyen de distinguer les deux conseillères d'Etat restait leur rapport fort différent à l'horloge. Non contente d'avoir hanté les couloirs du Palais fédéral durant tout l'après-midi de lundi afin de prendre ses marques et «nouer des contacts informels», selon son coordinateur de campagne Alain Berset, Ruth Lüthi est arrivée sur place mardi à 8 h 30 déjà, alors que sa première audition ne commençait qu'à 14 heures. Micheline Calmy-Rey, elle – bien qu'ayant passé la nuit de lundi à mardi à Berne – était nettement moins en avance puisqu'elle n'a franchi le portique de sécurité du bâtiment qu'à 14 h 25, soit dix minutes avant sa première audition.