A l’exception de la parlementaire bernoise verte Franziska Teuscher, peu de candidats dévoilent leur «smartspider» sur Facebook ou Twitter. Cette toile résume virtuellement le positionnement politique d’un élu sur la base d’un formulaire de 75 questions que le candidat a préalablement rempli pour Smartvote, la plate-forme d’aide au vote la plus utilisée en Suisse. Il s’exprime sur diverses questions, allant de l’assurance maladie à l’immigration, en passant par le libre-échange agricole avec l’Union européenne.

En Suisse romande aussi, la démarche est loin d’être généralisée. Exemple? La Vaudoise Géraldine Savary, qui va lancer son propre site internet début septembre en vue de la campagne électorale. Le 23 octobre, la socialiste tentera de décrocher un second mandat au Conseil des Etats. Mais hors de question de faire figurer son profil Smartvote sur son site ou son compte Facebook. «La valeur d’un candidat s’évalue sur la base de son bilan parlementaire et non à partir d’un questionnaire», assène-t-elle.

«Si cet outil est extrêmement réducteur, il s’inscrit néanmoins dans une démarche de conscientisation politique que nous soutenons», ajoute-t-elle. Même avis de sa collègue de parti, la Lausannoise Ada Marra. «Nous jouons le jeu mais je me définis autrement qu’à travers un profil Smartvote», justifie la conseillère nationale, qui regrette également que la plate-forme soit payante pour les partis qui y participent.

En revanche, Philippe Nantermod, lui, joue à fond la carte de la transparence, en publiant non seulement son «smartspider» sur son site internet, mais aussi sur son compte Facebook et son fil Twitter. «Pour les jeunes qui ne savent pas vraiment où se placer, Smartvote est une entrée importante dans la politique», explique le Valaisan PLR.

Le PDC Dominique de Buman abonde dans le même sens: «Smartvote permet une certaine traçabilité politique des candidats. C’est important pour le dialogue qui s’instaure entre les citoyens et les politiciens. Mais il faut rester prudent.» Le vice-président du PDC suisse prévoit prochainement de faire figurer son profil Smartvote sur son site personnel. «Pour les visiteurs, la visibilité doit être rapide. Tout le monde n’a pas le temps d’aller jeter un coup d’œil sur tous les articles de presse», détaille le Fribourgeois, tout en appelant à être prudent lorsqu’il s’agit d’utiliser ce type d’outils.

De la prudence, le président des Verts suisses essaie aussi d’en faire preuve. «Les médias et les citoyens sont peu critiques face à Smartvote», regrette Ueli Leuenberger, qui pointe notamment du doigt «l’interprétation problématique des réponses». Certes, il est possible d’y laisser des commentaires, mais, pour le conseiller national, personne n’y prête attention. «Quoi qu’il en soit, nous devons être présents sur Internet. Nous n’avons pas le choix», résume-t-il.

Enfin, d’autres sont plus catégoriques, comme l’UDC argovien Luzi Stamm, qui ne publiera rien sur son compte Facebook. De toute manière, il ne prévoit pas de répondre au questionnaire de Smartvote dont il a vaguement entendu parler. «Je suis très actif sur les sujets qui sont relatifs à l’immigration ou à l’Union européenne. Les gens connaissent mes positions. Je n’ai pas besoin de répondre à d’autres questions», justifie le conseiller national. «Et cela n’empêchera pas les six conseillers nationaux UDC du canton d’être réélus», conclut-il, confiant.