Succession de Doris Leuthard

Des candidats qui ne convainquent pas

La liste des papables PDC au Conseil fédéral s’allonge certes, mais elle n’enthousiasme pas. Tout le monde attend désormais la décision de Viola Amherd et de Pirmin Bischof

La course à la succession de Doris Leuthard s’anime quelque peu. Ce jeudi 18 octobre, une première femme est sortie de l’ombre. Il s’agit de la conseillère d’Etat Heidi Z’graggen (UR, 52 ans). En début de soirée, la conseillère nationale Elisabeth Schneider-Schneiter (BL, 54 ans) s’est également déclarée partante lors d’une assemblée de son parti cantonal à Zwingen. La présidente de la Chambre de commerce des deux Bâles, encore peu influente à Berne, ne devrait pourtant pas figurer sur le ticket final.

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Peter Hegglin maladroit

Au PDC, le charisme et le rayonnement de la conseillère fédérale sur le départ semblent irremplaçables. Certes, dimanche dernier, le conseiller aux Etats Peter Hegglin (ZG, 57 ans) a été le premier à s’aligner dans les starting-blocks. Mais cet ancien paysan, bien qu’il se soit avéré un solide conseiller d’Etat adepte de la concurrence fiscale entre cantons, ne déclenche pas l’enthousiasme des foules, même dans ses rangs. Il s’est même montré maladroit en révélant vouloir briguer le Département des finances, déjà occupé par Ueli Maurer.

L’absence de candidatures vraiment convaincantes est si préoccupante que le quotidien Blick a fait état d’un «plan secret» qui verrait le président du parti Gerhard Pfister revenir sur sa décision de ne pas briguer le Conseil fédéral. Une hypothèse pourtant peu probable, tant il est vrai qu’il fait lui-même partie de la commission d’évaluation des papables.

Jeudi, la principale nouvelle est tombée peu après 8h du matin. Celui qui était devenu le «favori secret des connaisseurs», Erich Ettlin (OW, 56 ans), a renoncé à se lancer dans la course. Ce fiscaliste, qui s’était attiré des critiques très élogieuses dans la NZZ et le Tages-Anzeiger, a décliné tout intérêt pour la fonction suprême. «Je préfère me consacrer à ma profession et solliciter un nouveau mandat au Conseil des Etats en 2019», a-t-il expliqué.

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En attendant Viola Amherd et Pirmin Bischof

Parmi les partantes, Heidi Z’graggen est totalement inconnue du sérail fédéral. Elle compte quatorze ans d’expérience à l’exécutif cantonal, qu’elle a présidé durant deux ans. Elle y est responsable des finances et de l’aménagement du territoire. C’est elle qui a suivi tout le projet de développement touristique de la région d’Andermatt, où le milliardaire égyptien Samih Sawiris a investi des centaines de millions de francs. «Son élection serait un gain pour le canton d’Uri, qui n’a jamais eu de conseiller fédéral de toute l’histoire de la Suisse moderne», se réjouit son parti cantonal.

Sur le ticket du PDC, c’est pourtant une autre femme qu’on attend, la Haut-Valaisanne Viola Amherd. D’abord freinée par un jugement de tribunal la condamnant à rembourser 250 000 francs à l’un des locataires de sa hoirie, la vice-présidente du groupe PDC à Berne a été ensuite hospitalisée à cause de calculs rénaux. Elle a ainsi dû reporter l’annonce de sa candidature, désormais attendue pour le début de la semaine prochaine. «Ce ne sont pas de petits calculs rénaux qui vont m’arrêter», a-t-elle prévenu.

Côté masculin, la dernière inconnue porte sur le conseiller aux Etats Pirmin Bischof (SO, 59 ans), qui promet une réponse pour le milieu de la semaine prochaine.

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