Le Temps: Que faites-vous le 4 décembre si, malgré tout, vous recevez des voix lors des premiers tours de scrutin?

Jean Studer: Il est possible que certains votent pour moi lors des premiers tours de scrutin. Ce serait une manifestation de mauvaise humeur envers le parti. Toutefois, à la lumière des informations que j'ai reçues, l'hypothèse d'une élection me paraît invraisemblable. Cette question ne se pose donc pas.

– La manière dont les choses se sont déroulées laissera sans doute quelques blessures au PS. Comment envisagez-vous votre avenir au sein du groupe parlementaire?

– Je n'ai pas le sentiment qu'il y ait de blessures. Peut-être que certains membres du groupe ont jugé ma candidature déplacée. Mais celle-ci est toujours restée loyale, même si, dès le départ, j'avais conscience que je ne pouvais pas espérer gagner plus de quatre ou cinq voix au sein du groupe. Il est vrai que le résultat que j'ai obtenu est assez rude, mais, comme avocat, j'ai l'habitude de vivre des situations parfois dures. Ce sera vite oublié. Je pense que l'on passera rapidement à autre chose.

– Vous avez reçu beaucoup de messages de soutien, notamment dans le canton de Neuchâtel. Votre retrait va aussi faire des déçus…

– Peut-être. Mais je crois que mon retrait n'empêchera pas de reconnaître au canton de Neuchâtel sa capacité à être présent de manière crédible lors d'élections au Conseil fédéral. Depuis 33 ans, sans interruption, les socialistes neuchâtelois assurent une présence permanente dans la course pour la succession d'un conseiller fédéral socialiste. Cela démontre leur force.