«On étouffe, tout simplement.» Dans son appartement situé au deuxième étage d’un vieil immeuble dans le quartier des Grottes à Genève, Susan, jeune maman d’une fillette de 5 mois, souffre à chaque épisode de canicule. «Les chambres sont exposées au soleil dès le matin et on ne peut pas ouvrir les fenêtres la nuit à cause du bruit, détaille-t-elle. L’air chaud s’accumule et ça devient très compliqué avec le bébé.» Pour faire baisser la température, la trentenaire a tout tenté: tendre du linge mouillé, multiplier les ventilateurs pour créer des courants d’air mais rien n’y fait. «Ma fille passe sa journée à barboter dans une bassine d’eau, mais la nuit elle se réveille sans arrêt.» Quand la chaleur est vraiment insoutenable, Susan en est réduite à aller dans un centre commercial pour respirer un peu.

Pollution, bitume, circulation intense et végétation éparse: les appartements des villes modernes sont peu adaptés aux pics de chaleur de l’été. Celle-ci entre d’abord par les vitres, le verre étant un excellent transmetteur, mais aussi par les murs, le temps que la température extérieure arrive à l’intérieur. Ce phénomène de «déphasage» est plus ou moins rapide en fonction des matériaux de construction, de l’angle d’ensoleillement ou encore de l’isolation. Tous les immeubles ne sont pas égaux face à la canicule.