Le Conseil national va sans doute recommander le rejet de l'initiative «pour une politique raisonnable en matière de chanvre protégeant efficacement la jeunesse». Mais on ne le saura pas sûrement avant la semaine prochaine. Une matinée de débats n'a pas suffi pour arriver au vote.

L'initiative propose un peu ce que le Conseil fédéral avait voulu instaurer. Une dépénalisation de la consommation et de la possession de cannabis. Une réglementation de la production et du commerce du chanvre. Et des mesures spécifiques pour protéger la jeunesse, dont une interdiction de publicité.

On se bouscule à la tribune

Ce concept a déjà échoué devant le Conseil national en 2004 et sa nouvelle composition a peu de chances de s'y montrer plus favorable. Cela n'a pas empêché un nombre record d'orateurs - 45 - de se presser à la tribune pour proclamer des positions bien tranchées en matière de régulation des psychotropes.

Législation incohérente

Sur les chiffres, c'est nouveau, la plupart sont d'accord: un tiers des Suisses entre 15 et 39 ans a consommé du cannabis et le marché illégal de cette drogue atteint 1 milliard de francs par an. Sur la dangerosité du chanvre, on se montre plus catastrophiste dans les rangs des opposants à l'initiative, mais personne ne la nie. Restent les conclusions politiques.

Les plus assidus à faire connaître les leurs ont été les représentants de l'UDC avec treize interventions axées sur les dangers de la fumette et l'appel au retour à des valeurs éducatives comprenant plus d'autorité et moins d'accompagnement psycho-éducatif.

Etroitement liés à l'élaboration de l'initiative, les Verts se sont montrés proportionnellement les plus engagés (8 orateurs pour 24 députés). Comme les 11 socialistes, ils ont axé leurs interventions sur les incohérences d'une loi qui traite différemment des produits - alcool, tabac, cannabis - aux dangers comparables et plaidé qu'une régulation permettrait de mieux contrôler les contenus en THC et de la vente aux mineurs.

Divisés, les 8 radicaux ont plaidé qui pour une politique globale des dépendances, qui pour un signal clair - et pénal - envers la jeunesse. Un peu embarrassé - il a déposé sur le thème du cannabis un projet qu'il semble ne plus soutenir que mollement, le PDC n'a produit que cinq orateurs, tous favorables au rejet de l'initiative.