Dans une lettre datée du 10 octobre, l'autorité cantonale de surveillance des communes admet le bien-fondé de l'appel d'offres en prévision du déplacement des pavillons «à glaces» de la Rade. Rémy Pagani, conseiller administratif genevois, s'est fait un plaisir d'annoncer que le service en question lui donnait raison. Contre ses adversaires radicaux et libéraux. Ces derniers contestaient en effet la licéité de la procédure entamée par le Département des constructions de la ville qu'il dirige depuis le 29 septembre, deux semaines avant le vote par le parlement du crédit d'un million destiné à rapprocher les édicules existants du bord du lac. D'ailleurs, ils avaient menacé d'y recourir eux-mêmes.

Ni contrat ni dépenses

Le canton reconnaît à un exécutif municipal la possibilité «de publier un appel d'offres préalable pour des travaux». D'autant plus s'il dispose d'un budget ad hoc pour une telle démarche. En revanche, précise le courrier de l'autorité de surveillance, la Ville de Genève «ne peut ni conclure de contrat ni engager des dépenses avant l'entrée en force d'une délibération». C'est-à-dire avant le terme du délai référendaire et avant l'arrêt d'approbation du Conseil d'Etat. Autrement dit, d'accord pour l'appel d'offres si l'exécutif peut se le payer, mais pour tout le reste il faut attendre. Ce qu'admet Rémy Pagani. Conformément à la loi sur l'administration des communes.

Cette passe d'armes est le dernier épisode du bras de fer qui oppose la droite au magistrat d'extrême gauche. Droite qui l'accuse en permanence d'ignorer lois et procédures en vigueur dont son département est le garant. De plus, le pugilat de ces jours, prolonge le feuilleton relatif à l'aménagement global de la Rade, défendu par Christian Ferrazino, prédécesseur de Rémy Pagani, et déjà approuvé par le parlement. Par ailleurs, un référendum, qui avait récolté les signatures nécessaires, n'a jamais été soumis au vote des Genevois. Quant à Rémy Pagani pour sortir de l'impasse, il promet un contre-projet pourvu que le Conseil municipal revienne sur le crédit de 3,7 millions de francs adopté en son temps pour réaliser les bâtisses chères à Christian Ferrazino. Le débat sur le déplacement des édicules et celui sur l'annulation du crédit doivent avoir lieu ce mardi.