Politique

Le canton de Fribourg ambitionne de devenir un pôle d’innovation

La Conseil d’Etat a présenté mardi les priorités de son programme gouvernemental et du plan financier de la législature 2017-2021. Son objectif: moderniser le canton

Le gouvernement fribourgeois a défini sa stratégie de législature, avec l’ambition de moderniser le canton, favoriser l’emploi et améliorer la qualité de vie. Il considère que l’un des facteurs-clés est le renforcement du centre cantonal, qui nécessite la fusion des communes autour de la Ville de Fribourg.

Cet objectif figure donc en bonne place parmi les trois priorités du programme gouvernemental et du plan financier 2017-2021, avec les deux autres que sont l’économie et l’innovation d’une part, et la révolution numérique d’autre part. Le Conseil d’Etat a transmis sa stratégie au Grand Conseil, et il était présent au complet mardi à Fribourg pour la présenter à la presse.

Le canton a de nombreux atouts qu’il s’agit de cultiver, a relevé le président du gouvernement Maurice Ropraz. Une population jeune, un système de formation complet et de qualité, des centres dédiés à l’innovation, un bon rapport qualité de vie/coût de la vie, et une bonne santé financière des collectivités publiques.

Dynamiser le centre du canton

Le renforcement du centre cantonal est indispensable pour positionner le canton dans le paysage suisse, en particulier face aux pôles lémanique et bernois entre lesquels il se situe, a souligné le président de l’exécutif Maurice Ropraz. Le gouvernement mise beaucoup sur le dynamisme du centre car il est convaincu qu’il profitera à tout le territoire cantonal.

La fusion prévue du Grand Fribourg constitue une étape essentielle. Si elle se fait à neuf communes, elle donnera naissance à une entité de plus de 70’000 habitants avec un tissu économique, social et culturel dense, a souligné la conseillère d’Etat Anne-Claude Demierre. Mais il faudra pour cela une volonté politique forte.

Après l’élection de l’assemblée constitutive fin novembre, la balle sera dans le camp des communes pour convaincre leur population, a dit Marie Garnier, conseillère d’Etat en charge des institutions. Le projet devra «faire envie, faire rêver la population sur le futur visage de la commune fusionnée». Il devra être suffisamment incitatif pour dépasser l’obstacle des différences fiscales.

Focalisation sur l’innovation

Un deuxième projet-phare du Conseil d’Etat est de stimuler l’économie de façon à accompagner au mieux la forte croissance démographique du canton. Il compte favoriser l’innovation et la création d’emplois à haute valeur ajoutée.

L’accent sera mis notamment sur le quartier d’innovation Bluefactory à Fribourg et le Marly Innovation Center, mais aussi l’agriculture et l’agroalimentaire du futur puisque le canton dispose d’un centre de choix en la matière à Grangeneuve.

Enfin, le gouvernement compte concrétiser la révolution numérique dans le canton, notamment par la cyberadministration. Celle-ci va non seulement faciliter l’accès aux prestations, mais aussi avoir un impact direct sur le fonctionnement de l’Etat, a dit Marie Garnier. Par exemple si les usagers peuvent commander un permis de pêche par Internet, cela participera à l’allégement du travail des préfectures.

 

Accroissement de l’investissement

Pour stimuler le développement du canton et lui fournir les infrastructures nécessaires, le gouvernement prévoit des investissements «ambitieux». Il veut investir en moyenne 215 millions de francs par an, contre 169 millions par an lors de la précédente législature.

La situation financière est saine, et meilleure que celle de la période précédente qui avait conduit à réaliser un programme d’économies, a souligné le chef des finances Georges Godel. Fribourg dispose en effet d’une fortune coquette: du coup, le Grand Conseil a déjà maintes fois réclamé une politique d’investissement plus ambitieuse.

Plus de 300 millions de déficit cumulé

Mais les prévisions s’obscurcissent pour les années à venir, ce qui impose de limiter strictement les priorités. Le Conseil d’Etat a déjà fait passablement d’ajustements, non pas en procédant à des «coupes sombres», mais en «graduant ses décisions» en fonction de ce qu’il juge nécessaire ou urgent, a commenté Georges Godel.

Le plan financier concocté par le gouvernement – exercice certes théorique et rempli d’incertitudes – fait entrevoir un déficit cumulé de 327,4 millions de francs de 2018 à 2021. En l’état, un résultat positif de 0,2 million est prévu en 2018, puis des déficits de 67,2 millions en 2019, 124,9 millions en 2020 et 135,5 millions en 2021.

 

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