«J'espère que l'on ne sera pas trop chiche avec nous.» Claude Grandjean était d'humeur plutôt badine, hier matin, en présentant la création de la commission pour l'intégration des migrants et contre le racisme. Le directeur de la Sécurité et de la justice devait bien avouer que si cet organe consultatif, composé de 15 membres, allait dès cette année débuter ses travaux, les moyens dont il disposerait à l'avenir n'étaient pas encore connus. Seuls les frais de fonctionnement et l'engagement après l'été d'un délégué à l'intégration ont été inscrits au budget 2004.

«Si la présence de migrants constitue tant un enrichissement socioculturel qu'un atout pour notre économie, elle génère également incompréhension, conflits et frictions. L'Etat et les autres collectivités publiques doivent s'engager plus fortement dans l'intégration des ressortissants étrangers et dans la lutte contre les préjugés racistes», a indiqué Claude Grandjean. La commission devra ainsi évaluer les besoins et les problèmes causés par la présence des 36 888 migrants recensés dans le canton l'année dernière. Ce chiffre équivaut à une augmentation de 3,6% par rapport à 2002. Fribourg compte environ 15% de résidants étrangers.

Questionnaire

Erika Schnyder, conseillère communale de Villars-sur-Glâne et constituante, présidera ainsi une commission composée de représentants des communautés étrangères, d'associations comme Caritas ou l'Œuvre suisse d'entraide ouvrière, des milieux économiques, de l'Etat et des communes. La première mission de cet organe consultatif, qui est rattaché à la Direction de la sécurité et de la justice, sera de dresser un état des lieux. «Favoriser la relation entre les différentes communautés, améliorer l'intégration des migrants en leur expliquant nos us et coutumes ainsi qu'en les sensibilisant à notre ordre juridique, veiller à l'égalité devant la loi entre ressortissants suisses et étrangers, ou lutter contre les formes d'exclusion ou le racisme seront quelques-uns de nos objectifs», a expliqué la présidente.

Les premiers travaux consisteront ainsi à rédiger un questionnaire, qui sera ensuite envoyé à tous les partenaires concernés par la problématique. La police, les communes, les institutions scolaires ou les associations de terrain seront ainsi sollicitées. Après cette enquête «systématique», la commission sera chargée de rédiger le cahier des charges du futur délégué à l'intégration. Ce spécialiste devrait jouer le rôle d'interface entre les migrants, la société civile, les autorités et les structures extracantonales concernées, notamment la commission fédérale des étrangers et la commission fédérale contre le racisme.