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Vue générale de la salle du Grand Conseil Neuchâtelois,ce jeudi 15 décembre. /KEYSTONE
© JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Neuchâtel

Le canton de Neuchâtel adopte finalement son budget 2017

Adopté vers minuit, jeudi, ce budget consensuel affiche un déficit d'environ 50 millions de francs. La majorité des groupes PLR et PS ont finalement décidé de le soutenir, contrairement à l'UDC et au PopVertSol

Le Grand Conseil neuchâtelois a enfin voté un budget pour 2017. Un compromis a passé la rampe in extremis jeudi soir, après des débats à peine moins belliqueux que lors des séances de la semaine passée.

«Vous avez, chacun individuellement, la responsabilité du fonctionnement de nos institutions» permettant de garder la confiance de la population, a martelé le conseiller d'Etat Laurent Kurth. «Il n'y a guère que le profit personnel ou partisan qui puisse mener à voter non ou à s'abstenir», a-t-il commenté juste avant le vote final, en référence aux prochaines élections.

Les députés ont adopté le budget vers minuit, par 71 voix contre 41 et 1 abstention. Cela ne dépasse que de deux voix la majorité qualifiée qui était requise pour ce vote, à savoir les trois cinquièmes des députés.

Une capacité d'autofinancement maintenue

Ce budget ne contente personne. Mais la majorité des groupes libéral-radical (PLR) et socialiste (PS) ont finalement décidé de le soutenir, contrairement à l'Union démocratique du centre (UDC) et au PopVertSol qui ont campé sur leurs positions.

Assorti de mesures d'assainissement financier et après les multiples modifications apportées par le plénum, le budget affiche un déficit d'environ 50 millions de francs. Ce montant permet au canton de conserver sa capacité d'autofinancement. C'était la principale condition pour que la majorité du PLR vote oui. Ce dernier a tenu un rôle pivot, en faisant une série de concessions à la gauche, bien au-delà de ce que l'UDC était prête à lâcher.

Lire aussi: Faute de compromis, Neuchâtel n’a pas de budget 2017

«Celle qui a fait le plus d'efforts, contre son gré, c'est la gauche, qui “s'est fait enfiler” tout ce que voulait la droite», a toutefois lancé avec amertume Baptiste Hurni (PS), en référence aux victoires de la droite la semaine passée.

La séance de la semaine dernière s'était finie dans une très grande tension. La droite, majoritaire, avait fait voter une baisse d'impôts pour les particuliers, qui amputait le budget de 4 millions de francs de revenus. Elle avait rejeté une série de propositions faites par la gauche pour trouver des recettes fiscales supplémentaires. De son côté, la gauche avait combattu en vain une série de coupes dans la santé.

La fin de l'exception sur la loi sur la caisse de remplacement des enseignants

Jeudi soir, le vote-clé juste avant le vote final a été celui portant sur une réduction générale des subventions. L'UDC voulait couper 11 millions, puis a accepté avec le PLR de descendre à 4,8 millions. Mais le Conseil d'Etat a proposé de descendre encore, à 2,7 millions. Sa proposition l'a emporté par 75 voix contre 37.

D'autres mesures ont été votées jeudi en dépit des résistances de la gauche, parmi lesquelles une réduction des effectifs de l'Etat (-60 postes en équivalent plein-temps). L'UDC a renoncé à demander davantage à cet égard. De plus, la droite a fait des concessions à la gauche dans le domaine de l'aide sociale.

Le Conseil d'Etat a aussi apporté des ajustements en matière de recettes fiscales. D'une part, il a communiqué une ré-estimation des prévisions concernant certaines recettes (+2,3 millions de francs). D'autre part, il a remis sur le tapis une proposition socialiste qui avait échoué de justesse la semaine passée: une hausse de l'imposition de certains gains immobiliers.

Lire l'édito: Neuchâtel et la vertu des grands travaux

Celle-ci a passé la rampe (60 voix contre 34), grâce à l'appui des vert'libéraux et l'abstention de quelques PLR. Cet amendement permet de récolter 2,7 millions supplémentaires. En revanche, la proposition socialiste d'accroître les recettes dans le domaine l'imposition des dividendes a été rejetée (60 contre 53).

En dehors de tous ces sujets sensibles, les députés ont abrogé à une large majorité la loi sur la caisse de remplacement des enseignants. Ceux-ci ne devront plus participer au paiement des remplacements pour maladie ou accident. Cela accroît les charges de l'Etat, mais c'est la fin d'une exception par rapport aux autres cantons.

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L'ordre du jour comprenait encore une demande de grâce. Mais vu l'heure avancée, le Grand Conseil a reporté cette décision, afin de pouvoir accorder à ce dossier toute l'attention requise.

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