Dès l’annonce du départ de la ministre Jacqueline de Quattro, devenue conseillère nationale, la syndique de Payerne, Christelle Luisier, endossait le rôle de grande favorite, le siège vacant n’étant plaidé par aucun autre parti gouvernemental. Mais la campagne a vite pris un tour inattendu avec l’avènement d'un, puis de deux, puis de trois candidats atypiques et Christelle Luisier d’apprendre à marcher sur un fil dans un exercice d’équilibriste. En effet, ne pas se donner à fond passerait de sa part pour de l’arrogance et ferait courir le risque de perdre des voix, tandis que faire campagne en y employant les grands moyens donnerait le sentiment de tirer sur des mouches avec un canon.

Quatre candidats pour un collège à majorité de gauche

Ils sont donc désormais quatre à battre le fer en affrontant leurs idées dans les médias, espérant être élus le 9 février au Conseil d’Etat vaudois afin de compléter un collège gouvernemental à majorité de gauche (trois socialistes, une Verte et deux PLR). Parmi eux, l’entrepreneur Toto Morand, sous la bannière Parti de rien, se présente pour la troisième fois. En 2017, il avait réuni près de 10% des voix au second tour et son récent combat gagné sur la forêt du Flon à Lausanne lui apportera certainement un appui. Face à lui et pour la première fois en Suisse romande, un candidat du Parti pirate, Jean-Marc Vandel. Son combat principal porte sur une utilisation humaniste des nouvelles technologies, respectueuse de l’individu. Les candidats de la grève du climat présentent Juliette Vernier, tirée au sort pour les représenter dans la course au Château. Elle est soutenue par le groupe SolidaritéS et les Verts. Enfin, Christelle Luisier, syndique de Payerne depuis dix ans et députée PLR, présentée comme la successeur naturelle d’une ministre de centre droit, dans un canton à majorité de droite.