Le père vaudois incestueux reste condamné à 18 ans de prison. Les aveux ambigus formulés par le Vaudois de 42 ans n’y auront rien changé. La Cour d’appel pénale a confirmé lundi la condamnation rendue fin mars par les juges de première instance pour inceste, viol, contrainte sexuelle, pornographie, lésions corporelles simples et violation du devoir d’éducation à l’encontre de ses enfants.

«L’absence totale de remise en question montre que ces aveux ne sont pas ressentis et justifient la peine exceptionnelle de 18 ans qui sera confirmée», a déclaré la présidente du tribunal Sandra Rouleau. Le premier procureur d’Yverdon, Christian Maire, avait auparavant demandé à ce que le verdict initial soit validé, qualifiant ce dossier de …plus grave affaire d’atteinte à l’intégrité sexuelle que le canton ait connu».

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«Oui c’est embarrassant d’entendre notre client en ce début d’audience», a plaidé pour sa part le codéfenseur du quadragénaire, Me Loïc Parein. L’homme de loi – qui avait demandé l’acquittement en première instance – a estimé que ces déclarations alambiquées appelaient «à examiner encore plus attentivement ce dossier pour savoir si la présomption d’innocence doit être renforcée.»

Et d’ajouter que «lorsqu’un prévenu admet, la procédure ne s’arrête pas là: il faut vérifier si les éléments concordent avec le reste du dossier».

Des aveux ambigus

«J’en ai marre de tout ça: je n’ai plus envie de me battre, plus envie de vivre», avait déclaré le Vaudois, rentier AI depuis ses 20 ans en raison d’un retard intellectuel. «Que je dise la vérité ou pas, ça ne change rien, on ne me croit pas. Alors, je préfère dire que j’ai fait tout ça». Avant de saluer «le courage» de ses enfants d’avoir déposé contre lui, et d’esquisser un pardon du bout des lèvres. Alors que le même homme les avait traités de menteurs en première instance.

Contrairement à la déclaration d’appel rédigée par ses avocats, le recourant a dit admettre la quasi-intégralité des accusations dont il fait l'objet. A l’exception d'un viol présumé sur une de ses filles, il y a deux ans, dans un hôtel de Moudon.

Condamné pour inceste

Le procès en appel du quadragénaire s'est ouvert lundi après-midi devant la Cour d'appel du Tribunal vaudois. Le père abuseur au risque de récidive jugé élevé était seul à être rejugé.

Son épouse du même âge a accepté sa peine de 3 ans de réclusion – dont six mois ferme – pour complicité d’inceste et pour avoir lourdement frappé ses enfants. La sanction de cette mère de famille avait été assortie d’une obligation de suivi, ainsi que d’une interdiction d’activités avec des mineurs.

Mandaté comme expert par le Conseil d’Etat, l’ancien juge fédéral Claude Rouiller a présenté il y a deux semaines un rapport révélant de graves manquements du Service vaudois de protection de la jeunesse (SPJ) et de la justice de paix dans cette affaire. Une curatelle d’assistance éducative avait été mise en place pour tous les enfants du couple depuis 1997. Elle n'a pas suffi à les protéger.

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