La présidente d'Avivo, l'ancienne conseillère nationale POP Christiane Jaquet-Berger et le co-président du Conseil suisse des aînés Roland Grunder soulèvent leur manche et tendent leur bras à l'infirmière. Les deux aînés, mascottes du jour, devant un parterre de photographes, cameramen et journalistes ouvrent la valse des vaccinations, démarrant doucement avec quelque 1000 injections par jour au sein des quatre centres du canton, pour s'intensifier et atteindre d'ici trois semaines 3000 vaccinations quotidiennes. 

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Pour s'inscrire et prendre rendez-vous, Christiane Jaquet-Berger et Roland Grunder se sont rendus sur le site internet coronavax.ch, ou ont pu joindre la hotline par téléphone. Tous deux font partie de la population âgée de plus de 75 ans ne vivant pas en institution à qui s'adresse prioritairement cette campagne de vaccination; sont aussi concernées les personnes vulnérables, souffrant d'une insuffisance cardiaque ou respiratoire, d’une hypertension artérielle sévère, d’un cancer, d’obésité importante ou d’une faiblesse immunitaire, ainsi que le personnel de santé en contact étroit avec cette population.

Un numéro comme à la Poste

À l'entrée principale du CHUV, des Securitas leur ont demandé s'ils avaient connu un petit pépin de santé ces derniers jours, et s'ils répondent positivement, comme ce fut le cas pour Christiane Jaquet-Berger, ils passeront par la case médecin avant de se rendre dans la zone de vaccination. Elle se trouve dans l'ancienne bibliothèque universitaire désaffectée, au rez-de-chaussée, qui fut transformée en garderie lors de la première vague de coronavirus. 

Ils reçoivent un numéro et lorsque celui-ci s'affiche, comme à La Poste, ils se rendent dans l'un des dix box d'admission, ou l'on vérifie leur identité, et où on leur fixe le prochain rendez-vous, quatre semaines plus tard, pour la seconde injection. 

Quelques minutes plus tard, ils sont invités à s'asseoir dans un box de vaccination où une infirmière les piquera. Des préparateurs de vaccins, dans une salle adjacente, mélangent la poudre sèche que contient le flacon Pfizer à une solution de chlorure de sodium et en tirent cinq doses dans des petites seringues. Le vaccin Moderna, sur le point d'être homologué, simplifiera la préparation puisqu'il est sous forme liquide et ne requiert pas, comme le vaccin Pfizer, d'être conservé à -70 degrés. 

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Un panadol en cas de douleur

Une fois vacciné, nos deux volontaires patientent une quinzaine de minutes en observation, 45 minutes pour les personnes avec antécédents allergiques. On leur explique les possibles effets secondaires pouvant apparaitre dans les prochaines heures et on leur conseille la simple prise d'un Panadol en cas de douleur, et si celle-la persiste, la consultation de leur médecin généraliste. «C'est une étape importante, nous avons tellement attendu ce vaccin», se réjouit Roland Grunder. «Je ne peux qu'encourager les personnes de mon âge, j'ai 78 ans, à se faire vacciner. Je le fais sans appréhension, par solidarité, et je me réjouis que l'on puisse tous retourner au bistrot. Je rappelle que nous constituons une force économique, nous sommes 1,8 millions de retraités AVS dans ce pays, les restaurateurs ont besoin de notre soutien.»

Le directeur général adjoint du CHUV Olivier Peters coordonne le Plan cantonal de vaccination qui regroupe les centres du CHUV à Lausanne, de l’Ensemble Hospitalier de la Côte à Morges, des Établissements Hospitaliers du Nord Vaudois à Yverdon et de la clinique la Lignière à Gland. Le 25 janvier, deux autres centres dans la Broye et à Rennaz ouvriront également. «Notre objectif est d'avoir vacciné 100 000 personnes d'ici la fin du mois de février au sein de ce groupe prioritaire.

Dès le mois de mars, les médecins installés et les pharmacies renforceront ce dispositif de manière à atteindre la vitesse de croisière de 5000 injections par jour pour l’ensemble du système. Nous ne lésinerons jamais sur la sécurité pour former nos vaccinateurs, ce centre représente 40 emplois plein temps au sein du CHUV.» À terme, d'ici à la fin de l'été 2021, l'objectif du canton de Vaud est d'avoir vacciné 70% de sa population globale. 

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Jacques Dubochet: «C'est de la maladie dont il faut avoir peur, pas du vaccin»

Jacques Dubochet, lauréat du prix Nobel, a été vacciné contre le coronavirus lundi à Morges. «C'est la maladie qui doit faire peur. Le virus a tout ce qu'il faut pour être une machine de guerre contre vous», a-t-il dit, plaidant en faveur de la vaccination.

Jacques Dubochet, 78 ans, a reçu une première dose de vaccin en compagnie de sa femme Christine. Sans appréhension: «Toutes les années, je me fais vacciner contre la grippe. Cela ne paraît pas différent. Et pourtant, derrière cette petite seringue, qu'est-ce qu'il y a de travail, de service public pour faire crever ce virus.»

«Tout le monde est menacé par le coronavirus. Ce virus se nourrit des personnes qu'il arrive à attraper. Un vacciné, c'est une personne de moins qui le nourrit. S'il y a assez de personnes qui ne le nourrissent pas, il en crève. Mais il faut faire vite, car il mute et trouve d'autres solutions», a-t-il poursuivi. «C'est un cas exemplaire de l'humanité qui réagit à un mal.» (ATS)