L'aéroport de Kloten perturbe le sommeil des riverains, le Conseil d'Etat zurichois a donc décidé d'agir en leur faveur. Les nouvelles directives sur la politique de développement de l'aéroport annoncées jeudi par Ruedi Jeker, conseiller d'Etat en charge de l'Economie publique, prévoient d'étendre l'interdiction des vols de nuit à une durée de sept heures, entre 23 heures et 6 heures du matin. Un principe auquel Swissair, premier utilisateur de Kloten, a réagi au quart de tour: «SAirGroup attend du futur règlement d'exploitation qu'il soit assez souple pour permettre une activité aérienne réduite jusqu'à minuit et des atterrissages entre 5 heures et 6 heures du matin.» Les atterrissages et décollages sont actuellement interdits pendant une durée de cinq heures, entre minuit et 5 heures du matin, mais des exceptions restent possible en cas de retard des vols le soir ou d'avance le matin.

Un recours?

Swissair ne prévoit pas de faire de recours en justice à ce stade, car les directives ne sont encore que des «lignes conductrices», selon Jean-Claude Donzel, porte-parole de SAirGroup. En revanche, tel pourrait être le cas en fonction de la manière dont ces principes seront appliqués dans le nouveau règlement de l'aéroport. Celui-ci devrait être introduit d'ici à deux ou trois ans. La concession de Kloten, qui appartient au canton de Zurich, passera aux mains de Unique Airport Zurich à partir du 31 mai 2001. Selon Daniel Spörri, chef de la cellule aéroportuaire et du trafic aérien, il est peu probable que Unique Airport Zurich fasse opposition à ces nouvelles directives. En effet, trois conseillers d'Etat – Christian Huber, responsable des Finances, Dorothée Fierz, chargée des Travaux publics et Ruedi Jeker lui-même – ont un siège au conseil d'administration de la société. Une position de blocage minoritaire, selon Daniel Spörri, qui empêcherait la société de refuser ces nouveaux principes.

Pourtant, la partie est loin d'être gagnée. Le nouveau règlement dépendra aussi du résultat des négociations avec Berlin sur les vols à basse altitude au-dessus du sud de l'Allemagne. Pour rappel, l'Allemagne a dénoncé fin mai l'accord qui la lie à la Suisse et règle les mouvements aériens au-dessus du district frontalier. Les prochaines négociations sont prévues pour le 26 septembre et le 26 octobre.

Sous la pression de l'Allemagne, le nouveau règlement prévoit en outre le survol de régions jusqu'à présent épargnées. Cette politique sera réévaluée une fois que le niveau de 420 000 vols par an ou de 2400 tonnes d'émission d'oxyde d'azote sera atteint. Peter Staub, président de l'Association pour la protection des riverains de l'aéroport, se réjouit de l'extension de la durée d'interdiction des vols de nuit. En revanche, il trouve le seuil des 420 000 vols par an exagéré.»