Le président du gouvernement zurichois, le directeur des finances UDC Christian Huber, a choisi une démarche inhabituelle pour faire passer la position de son canton. Constatant le «peu de compréhension pour les questions existentielles qui se posent depuis quelques mois autour de l'aéroport de Zurich» dans les médias romands, il leur a envoyé mardi un fax – en français – pour présenter le point de vue zurichois. «C'est la première fois que nous recourons à ce moyen», explique Susanne Sorg-Keller, la responsable de la communication du canton. Nous n'avons pas de reproche particulier, mais nous avons constaté une tendance: nous aimerions casser cet engrenage», précise-t-elle.

Qu'écrit Christian Huber, qui a dûment informé ses collègues du gouvernement de son initiative? «On ne peut pas ne pas déceler une certaine joie maligne dans la presse romande au sujet de l'aéroport de Zurich-Kloten. Enfin les Zurichois descendent de leur piédestal, enfin ils encaissent des coups mérités, enfin ces millionnaires de la rive dorée du lac de Zurich sont couverts de bruit aérien.»

En résumé, le conseiller d'Etat veut avant tout rappeler que le différend avec l'Allemagne ne touche pas la Goldküste (lire ci-dessus), et que le sort de l'aéroport de Kloten intéresse toute la Suisse. «La prospérité suisse se fonde principalement sur le commerce extérieur et la portée du trafic aérien est vitale pour la Suisse», explique-t-il. Et de rappeler discrètement au passage que les cantons structurellement et financièrement plus faibles profitent de la péréquation: «Si Zurich descend en deuxième ligue, c'est la Suisse tout entière qui perd!»