La Conférence des directeurs de la santé interpelle Pascal Couchepin dans l'affaire du Lucentis. Mi-avril, les ministres cantonaux ont fait savoir au chef de l'Intérieur qu'ils exigent des mesures afin de faire homologuer le médicament Avastin, concurrent du Lucentis, en matière de traitement de la dégénérescence maculaire, a indiqué Le Matin dimanche.

Produit par Roche, l'Avastin a été conçu pour la lutte contre le cancer du côlon. Son efficacité face à la perte de vue des personnes âgées a été découverte par hasard. La compagnie ainsi que sa rivale Novartis se sont alors entendues pour privilégier le précédent traitement contre la dégénérescence maculaire, le Lucentis, dû à Novartis. Or, le coût de la dose d'Avastin est estimé à 80 francs, celui d'une dose de Lucentis, à 1832 francs.

Aux Etats-Unis, les autorités sanitaires ont lancé une procédure d'homologation forcée de l'Avastin afin qu'il soit aussi prescrit contre les troubles de la vue. En Suisse, une telle démarche n'est pas possible pour l'instant. Elle nécessite un changement de la loi, déjà réclamé par une motion déposée au National en mars.

Pression accrue

Ce souhait est désormais appuyé par les chefs cantonaux des Départements de la santé.

Cité par l'hebdomadaire, le président de la Conférence des conseillers d'Etat à la santé, le Vaudois Pierre-Yves Maillard, en fait une question de principe: «Il faut donner à l'Etat le pouvoir d'imposer les médicaments les plus économiques.» Et de pouvoir reprendre les résultats de tests d'homologation effectués dans d'autres pays. En attendant le débat parlementaire, cette plainte des cantons accroît la pression sur Pascal Couchepin.