La Suisse romande, à l’exception de Berne, échappe à la fermeture des établissements publics dès 19h. Vendredi, le taux de reproduction du canton de Fribourg se situait à 0,94, Neuchâtel 0,93, Vaud 0,92, Valais 0,88, Genève 0,83, Jura 0,71. Le nombre de nouvelles infections pour 100 000 personnes y est également inférieur à la moyenne nationale.

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La restauratrice Frédérique Beauvois, du collectif Qui va payer l’addition?, est inquiète. «Vaud a actuellement un taux de reproduction élevé et peut basculer en trois jours.» En attendant, elle est évidemment soulagée que les restaurants puissent ouvrir jusqu’à 23h mais ne veut pas que cette annonce retarde l’acheminement des financements. «On a besoin d’être indemnisés maintenant. Quand quelqu’un se noie, on saute à l’eau. On fera les comptes après!»

Le milieu de la culture est inquiet

La perspective d’une reprise encore reportée laisse les théâtres sous le choc. Au TPR de La Chaux-de-Fonds, les décors de Havre, pièce d’une autrice canadienne, étaient montés et les billets épuisés. «On ne pourra pas encore différer, les acteurs sont pris sur d’autres projets. En enchaînant les reports, certains spectacles vont tout simplement disparaître de l’affiche», lance sa directrice, Anne Bisang, qui dit son incompréhension. «On peut réunir 50 personnes dans une église et pas dans les théâtres, qui sont par ailleurs fermés depuis octobre et donc pas responsables de la hausse de la courbe… Il s’agit d’une discrimination sans explication objective.»

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A Berne, un taux au-dessus de la barre de 1

Président du Conseil exécutif bernois, Pierre Alain Schnegg prend acte des décisions fédérales. «La situation épidémiologique est sérieuse, des mesures doivent être prises. Le «mix» proposé par le Conseil fédéral est compréhensible», appuie-t-il, se disant satisfait que les familles aient la possibilité de passer un «petit Noël» ensemble.

Dans le canton de Berne, les restaurants n’ont jamais fermé, tout au plus leurs heures de fermeture ont été avancées à 23h, puis 21h. Dès demain, ce sera 19h, le canton ne respectant pas les critères fixés par le Conseil fédéral pour une ouverture plus tardive. Il souligne toutefois que, pour faire face à cette situation, la Confédération délie un peu plus sa bourse. «Nous allons travailler pour apporter cette aide là où elle est nécessaire», indique Pierre Alain Schnegg.

En Valais, les restos ferment à 22h

Christophe Darbellay, président du Conseil d’Etat valaisan, estime que les cantons romands ont été entendus par Berne, mais se dit «conscient que les mesures imposées sont très sévères». En Valais, le taux de reproduction du virus est passé de 0,79 à 0,88 en une semaine et se rapproche de la barre de 1, fixée par le Conseil fédéral pour permettre notamment une ouverture des restaurants plus tardive.

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«Nous ne sommes pas loin de la ligne rouge. Nous serons donc intransigeants avec l’application des mesures et nous renforcerons les contrôles», indique le ministre valaisan, qui précise qu’en Valais la fermeture des restaurants sera fixée à 22h. Et d’insister: «Rien n’est garanti. Nous ne sommes pas à l’abri d’un retour en arrière dans les semaines qui viennent. Plus que jamais, la responsabilité individuelle est importante. Le sort des prochaines semaines est entre nos mains à tous.»

«Récompense» genevoise

Genève se dit satisfait pour l’instant des conditions fixées par Berne. «Tant qu’il remplira ces critères, notre canton profitera des exceptions offertes par la Confédération», confirme le conseiller d’Etat Mauro Poggia. Les restaurants serviront donc jusqu’à 23h et les magasins seront ouverts les deux dimanches avant Noël comme annoncé.

Une prise de risque que Mauro Poggia préfère voir comme une opportunité. «C’est la récompense provisoire que les Genevois attendaient», argumente-t-il. Les cantons romands étant vivement encouragés à se concerter les uns les autres, Mauro Poggia affirme que des discussions auront lieu dès la semaine prochaine avec le canton de Vaud, qui devrait également mettre en œuvre les exceptions, pour éviter un éventuel tourisme d’achat ou culinaire.

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