Du côté du Département fédéral de l'intérieur (DFI) de Pascal Couchepin, rien ne filtre. A quelques jours, désormais, de la fixation des primes d'assurance maladie 2009, la tension entre les caisses et les cantons semble plus élevée que jamais auparavant.

Hier, Santésuisse a présenté la sixième édition de son sondage annuel sur la santé. A cette occasion, l'organe faîtier des assureurs a lancé quelques piques aux cantons et un avertissement à l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Selon l'enquête commandée par Santésuisse, réalisée par l'Institut Demoscope auprès de 1210 personnes en juin et juillet, 20% des sondés estiment que les primes sont trop élevées pour leurs revenus. Soit 6% de moins qu'en 2007 et 14% de moins qu'en 2004, note l'organisme.

Pour Santésuisse, ce résultat «est en contradiction avec les exigences de certains directeurs cantonaux de la Santé qui veulent contraindre les assureurs maladie à baisser les primes». Une exigence, notent les assureurs, qui, «compte tenu de la hausse de près de 5% des coûts de la santé», pourrait «menacer la stabilité financière de certaines caisses maladie». A noter toutefois que 47% des personnes interrogées jugent leurs primes «trop élevées mais tout de même supportables».

Deuxième pique adressée aux directeurs de la Santé cantonaux: plus de la moitié des sondés, soit 54%, seraient favorables à un assouplissement de l'obligation faite aux caisses de traiter avec tous les médecins.

Mais du côté des cantons, la résistance s'organise. Jeudi prochain, la Conférence des directeurs cantonaux de la Santé (CDS) discutera justement de la stratégie à adopter en matière de primes. Car si leur fixation est l'affaire du département de Pascal Couchepin, certains cantons aimeraient avoir leur mot à dire.

Propositions genevoises

Ils débattront donc des propositions du directeur de la Santé genevois, le PDC Pierre-François Unger, de déposer des initiatives cantonales en vue de modifier la loi sur l'assurance maladie. «Une possibilité serait d'exiger un plancher et un plafond pour les réserves des caisses maladies», explique le patron genevois de la Santé. Autre solution: «Que les cantons puissent approuver ou désapprouver les hausses de primes.»

Le président de la CDS, le Vaudois Pierre-Yves Maillard, n'exclut pas cette solution. «Pour l'heure, nous demandons à l'OFSP de faire respecter le principe cardinal que les primes correspondent aux coûts», explique le socialiste. «Si cela ne marche pas, il faudra penser à un changement du système. Depuis cinq ans, les Genevois, les Vaudois et les Zurichois, en première ligne, paient des primes trop élevées.»

Dans un mois, le Conseil des Etats débattra de l'initiative parlementaire de la sénatrice bâloise Anita Fetz (PS), qui demande davantage de transparence en matière de réserves des assureurs maladie.