Pendant des années, la BNS a mené une politique d'une prudence extrême pour l'utilisation de ses réserves excédentaires, qu'il s'agisse de ses bénéfices annuels – jusqu'en 1991, elle n'en redistribuait que… 5 millions par an! – ou de ses tonnes d'or. Maintenant qu'il est démontré qu'elle a peut-être trop longtemps joué à l'écureuil qui cache ses noisettes, il est normal que ceux qui ont contribué à l'accumulation de cette fortune en profitent. Le double échec de 2002 doit cependant servir de leçon: comme la population devra voter, il s'agit de trouver une solution équilibrée, capable d'obtenir l'appui de la majorité.

Dans l'idéal, il serait assurément préférable que les réserves d'or soient réparties entre les générations: on devrait en donner une part à l'AVS et une autre à la formation et à la recherche. Mais c'est politiquement difficile, car le 16 mai a démontré qu'il était exclu de gagner une votation si les cantons s'opposent au projet présenté. Cela dit, il serait tout aussi faux de trop donner aux cantons, car ils ne sont pas seuls au monde et il existe d'autres besoins dans la société que le rééquilibrage de leurs budgets.

Il va de soi que les sommes en jeu, 500 millions pour l'or et 2,5 milliards pour les excédents, ne résoudront ni les problèmes de l'AVS ni ceux des cantons. Mais on peut accepter que chacun en profite. Un «deal» paraît possible. Si l'on renonce à réduire la part des bénéfices de la BNS qui est versée aux cantons, ce qui suppose que l'on rejette l'initiative et le contre-projet, on doit pouvoir les convaincre de laisser les deux tiers des revenus de l'or à l'AVS.