Des tâches supplémentaires pour les cantons et des charges financières alourdies. La nouvelle loi sur les chemins de fer, entrée en vigueur il y a deux ans, entraîne des bouleversements pour les cantons. Elle rompt brutalement avec le passé puisque désormais ce sont les cantons, et non plus la Confédération, qui sont responsables de l'offre du trafic régional. Ils peuvent ainsi choisir les lignes à maintenir et le mode de transports (train CFF, bus postal ou concessionnaire privé).

Mais cette marge de manœuvre a un coût. La loi prévoit que la Confédération ne paiera, en moyenne, que les 75% d'une facture qui s'élève à 1,6 milliard. Le reste sera à la charge des cantons. Le piteux état des finances fédérales a encore aggravé cet effort. Le dernier programme d'assainissement, en discussion, prévoit de réduire la quote-part de Berne à 68%. Comme les négociations ne sont pas encore terminées, il est difficile de savoir à quelle sauce le trafic régional va être mangé. Le prochain horaire du printemps 1999 permettra d'y voir plus clair. En Suisse romande toutefois, le ton n'est pas à l'alarmisme. La nouvelle réduction de l'aide fédérale pourrait être compensée par un effort supplémentaire des cantons. Ce sera probablement le cas en Valais vu la somme en jeu (4 millions). Dans les autres ménages cantonaux, cela vaudra de pugnaces discussions. Quelles que soient leurs issues, les cantons devront de toute manière poursuivre le processus de rationalisation de leur réseau. Si partout on dit avoir déjà beaucoup serré, on reconnaît qu'il existe encore de la marge.

Que ce soit dans le canton de Vaud, du Jura ou de Neuchâtel, il semble pour le moment exclu de supprimer des lignes de chemin de fer. «L'impact psychologique est beaucoup trop important», déclare le ministre jurassien Pierre Kohler qui se refuse à imaginer une telle éventualité. Les grandes classiques des lignes régionales vaudoises, comme le Nyon-Saint-Cergue ou l'Aigle-Les Diablerets, ne seront pas touchées, assure Vincent Krayenbühl, directeur du Service des transports et du tourisme.

C'est plutôt par touches homéopathiques que l'on va procéder. Dans les zones rurales, de petites lignes de bus seront remplacées par des bus-taxis fonctionnant à la demande, comme il en existe dans le district d'Oron ou dans l'Ajoie. Ailleurs, la desserte ferroviaire – pour les heures de pointe – sera combinée avec une desserte postale – pour les heures creuses –, comme cela est envisagé entre Villeneuve et Aigle. Il n'y a en fait que Genève qui n'est guère concerné par cette nouvelle donne. Ses lignes régionales sont peu nombreuses et il est un des rares cantons à tirer un bénéfice net de la nouvelle loi ferroviaire. C. B.