JO 2026

Les cantons prudents face au rêve olympique

Les ministres des Sports valaisan, vaudois et fribourgeois forment un comité de soutien à la candidature suisse aux Jeux olympiques 2026. Après des mois de pilotage politique inconsistant, Frédéric Favre se profile en leader du projet

Pour le président du comité de candidature, Jean-Philippe Rochat, «ce n’est pas seulement l’affaire de quelques entrepreneurs privés, ni celle du Valais, mais c’est un projet qui bénéficiera à toute la Suisse». Ce lundi, par l’intermédiaire de leurs ministres des Sports, les cantons du Valais, de Vaud et de Fribourg ont affirmé leur soutien à la candidature de Sion aux Jeux olympiques d’hiver 2026, qui concerne cinq cantons. Pour Jean-Philippe Rochat, «le signal est positif et cette démarche n’est pas tardive». L’opération de communication espère rassurer.

Nous ne savons pas encore combien ça va coûter, ni qui va voter

Ces derniers mois, le rêve olympique suisse a souffert d’un pilotage politique inconsistant. Désormais, le libéral-radical valaisan Frédéric Favre se profile en leader du projet. Pour le ministre valaisan des Sports, président d’un comité de soutien constitué ces derniers jours, «le canton qui accueille la ville hôte et effectue les investissements les plus importants doit assumer ses responsabilités et s’investir activement». «Optimiste», il insiste néanmoins: «Nous envisageons une étape après l’autre parce que nous ne savons pas encore combien ça va coûter, ni qui va voter.»

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Né de la fusion de deux candidatures lancées en Valais par l’entrepreneur Christian Constantin et dans le canton de Vaud par la Chambre du commerce et de l’industrie, le projet olympique appartient toujours à des entrepreneurs privés. Ce curieux statut explique peut-être la prudence de la classe politique. Membre du comité de soutien, le ministre vaudois Philippe Leuba prévient: «L’appui des collectivités publiques n’est pas acquis, il dépend du respect de nombreuses exigences.» Président de Sion, Philippe Varone martèle que l’engagement de la ville «sera conditionné à celui de la Confédération».

Une petite start-up

Aujourd’hui, une trentaine de personnes travaillent à présenter un concept détaillé qui sera remis au Conseil fédéral le 31 juillet prochain. Le gouvernement prendra une décision de principe en septembre. Jean-Philippe Rochat décrit les obstacles qui menacent le projet: «Nous sommes encore une petite start-up et tout dépendra de la classe politique, parce que nous ne pouvons par organiser des Jeux sans le soutien des collectivités publiques.» Le calendrier pose problème. Les populations concernées devraient voter à l’automne 2018, avant les débats des Chambres fédérales, agendés au mois d’octobre et de décembre suivants.

Nous sommes prêts à prendre le «lead» du dossier, mais encore faut-il savoir de quoi on parle

Depuis sa prise de fonction en avril dernier, Frédéric Favre répète que le gouvernement valaisan «ne s’engagera qu’au profit de Jeux durables, à taille humaine et raisonnablement finançables». Il y a quelques jours, face à l’insistance des parlementaires, il s’agaçait: «Nous sommes prêts à prendre le «lead» du dossier, mais encore faut-il savoir de quoi on parle.» En attendant de pouvoir analyser le dossier préparé par le comité de candidature, le Conseil d’Etat a choisi d’engager un délégué aux Jeux olympiques. Il aura la responsabilité des 4 millions de francs promis par le canton pour soutenir cette candidature.

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