Les regroupements de plus de cinq personnes sont désormais interdits dans l’ensemble de la Suisse. Les contrevenants seront amendés à hauteur de 100 francs. Les réactions à la décision du Conseil fédéral ne se sont pas fait attendre. Le premier canton romand à réagir a été Fribourg avec un rapide communiqué de presse ce vendredi, annonçant des amendes plus sévères allant de 100 (simple négligence) à 250 francs (mauvaise volonté ou récidive), le tout assorti d’une dénonciation au Ministère public. «Même sans l’ordonnance du Conseil fédéral, nous aurions de toute façon introduit ces sanctions», relève Patrice Borcard, président de la Conférence des préfets du canton de Fribourg.

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Pour Patrice Borcard, il était devenu nécessaire de faire comprendre aux gens que tout attroupement comporte des risques de propager le virus. «Il y a encore trop de personnes, de toutes les générations, qui se rassemblent. Il faut casser ces noyaux de gens qui se regroupent», insiste le préfet de la Gruyère, soulignant que les mesures seront appliquées avec fermeté, mais bon sens: «On ne va pas par exemple interdire la promenade d’une famille qui compte plus de cinq membres.» Il rappelle surtout la notion de distance sociale à respecter.

Des sanctions crescendo

Le message est également ferme dans les autres cantons romands. En conférence de presse, le conseiller d’Etat genevois Mauro Poggia a expliqué que «les sanctions seront mises en place crescendo. Les amendes augmenteront avec les récidives.» L’élu rappelle que l’arsenal répressif permettrait de mettre des amendes allant jusqu’à 40 000 francs pour les cas les plus extrêmes.

En Valais, l’avertissement est aussi clair. «Aujourd’hui, la phase de prévention est terminée, prévient Christian Varone, commandant de la police cantonale. Nous avons maintenant cette possibilité d’infliger des amendes d’ordre de 100 francs, nous le ferons directement pour les personnes qui ne respectent pas les consignes. Et pour ceux qui seraient toujours récalcitrants, nous continuerons les dénonciations.»

Première condamnation

Ce vendredi, le Valais a par ailleurs prononcé sa première condamnation pénale en lien avec le coronavirus. Un gérant de bar-restaurant, qui avait accueilli une vingtaine de personnes sur sa terrasse, a été condamné à 2000 francs d’amende. «Le Valais n’est pas plus sévère qu’ailleurs, mais nous avons pris très au sérieux la situation dès le début», commente encore Christian Varone.

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Du côté de Neuchâtel, le président du Conseil d’Etat, Alain Ribaux, prend également note de la décision. «Jusqu’ici, nos patrouilles de police faisaient de la prévention, dès demain nos agents pourront plus facilement sanctionner en cas de problème.» Le PLR se félicite de cette mesure «raisonnable» du Conseil fédéral, qui permet de mieux faire respecter les mesures, sans arriver à un confinement total. Cela «permet de maintenir une certaine activité, ce qui est essentiel pour l’après-crise».

Collaboration: Grégoire Baur et Laure Lugon