Pour Rebecca Ruiz, ministre vaudoise de la Santé, les mesures annoncées par le Conseil fédéral sont «justes du point de vue sanitaire et aussi proportionnées que possible au vu de la situation». «Ce n’est pas étonnant, nous avions déjà fait un immense effort au niveau des cantons romands pour nous accorder – avec quelques différences près – sur un socle commun de mesures et avons eu, en parallèle, des discussions très poussées avec l’OFSP. Les dispositions prises sont le résultat d’arbitrages qui vont largement dans le sens de ce préconise la task force. Ce ne sont pas des décisions légères, elles restreignent énormément d’activités humaines et contacts sociaux et vont durement toucher certains secteurs.» La conseillère d’Etat adresse ses «encouragements à la population, fatiguée, qui en a marre de cette absence de certitudes». «Je leur enjoins de tenir bon et de respecter les consignes sanitaires.»

Davantage de besoins au CHUV qu’au printemps

Un point encore sur la situation à l’hôpital cantonal: «Au CHUV, comme dans les hôpitaux régionaux, nous avons stoppé les activités non urgentes, comme nous l’avions fait au printemps. Nous allons devoir créer davantage de places que nous l’avions fait au printemps, car on aura davantage de besoins. Une fois que ces lits supplémentaires seront créés, nous ferons certainement appel aux cliniques privées en fonction de l’évolution de la situation.»

Neuchâtel demande au Conseil fédéral d’agir sur les systèmes hospitaliers

Son homologue neuchâtelois Laurent Kurth salue lui aussi les mesures sanitaires annoncées mercredi, qui correspondent au dispositif pris la semaine dernière dans son canton. Par contre, il est urgent, selon lui, que le Conseil fédéral «agisse pour faire baisser la pression au sein du système hospitalier». «Il est nécessaire qu’il impose une restriction des opérations non urgentes au niveau suisse, afin de faire jouer la solidarité nationale et de permettre des transferts de patients des régions les plus touchées vers les autres. Il serait dramatique qu’on se retrouve à refuser des soins dans un coin de ce pays, parce qu’ailleurs d’autres n’auraient pas limité leurs activités.»

«Aucun canton n’est aussi touché que le Valais»

Pour le président du gouvernement valaisan Christophe Darbellay, les mesures du Conseil fédéral «vont dans la bonne direction. C’est le modèle valaisan en moins sévère.​» Il précise qu’il n’y a aucun canton suisse autant touché que le Valais, «même en comparaison internationale, les chiffres valaisans sont impressionnants. Ce n’est surtout pas le moment de lâcher du lest, bien que je comprenne les difficultés que peuvent rencontrer certains milieux, sur le plan spirituel, sportif ou culturel.» Le Valais ne modifiera donc pas ses mesures, même si elles sont plus sévères que celles annoncées par le Conseil fédéral.


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