Si les cantons romands n’avaient pas caché leur colère face à la «pingrerie» de Berne, le 13 janvier dernier, le ton est tout autre ce mercredi suite aux annonces du Conseil fédéral. Le gouvernement genevois a salué, par voie de communiqué de presse, «le renforcement du train de mesures visant à atténuer les conséquences économiques du coronavirus qui répond à un besoin urgent». Le Conseil d’Etat «se réjouit» en particulier du «relèvement de 2,5 milliards du montant alloué par la Confédération et les cantons pour venir en aide aux entreprises touchées par la crise».

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La satisfaction est également de mise du côté du canton de Vaud, où le chef du Département de l’économie, Philippe Leuba, recense pas moins de quatre bonnes nouvelles dans les annonces du jour. «Nous avions demandé une enveloppe supplémentaire d’un minimum de 2 milliards de francs destinée aux cas de rigueur, nous avons été entendus, détaille le conseiller d’Etat PLR. L’extension de la période de chômage de trois mois est la deuxième bonne nouvelle. A savoir si les trois mois sont rétroactifs ou pas… Les RHT vont également dans la bonne direction et, finalement, on évite au canton une catastrophe administrative avec les tests PCR sur les frontaliers, le Conseil fédéral a été sage en écartant cette mesure inapplicable.»

Le risque de «double peine»

Dans le Jura, le ministre de la Santé et de l’Economie, Jacques Gerber, se déclare également soulagé que le Conseil fédéral n’ait pas décidé de mesures de contrôle supplémentaires pour les travailleurs frontaliers, qui auraient pénalisé les industries de son canton. «Ces entreprises jouent le jeu et ont mis sur pied des dispositifs sanitaires stricts, assure l’élu PLR. Nous n’avons ainsi pas eu de cluster dans une usine» S’il approuve les décisions du Conseil fédéral, Jacques Gerber insiste néanmoins sur un problème important à ses yeux: la participation à hauteur d’un tiers des cantons à l’augmentation de 2,5 milliards de francs pour les cas de rigueur: «Il y a une telle diversité de situations financières que cela provoquera des inégalités de traitement. Les entreprises risquent d’être davantage aidées si elles sont situées dans un canton riche que dans un canton pauvre. Pour ces dernières, ce sera une double peine.»


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Les annonces faites sur le plan sanitaire sont également saluées dans les cantons. Esther Waeber-Kalbermatten, conseillère d’Etat valaisanne chargée de la Santé, se félicite de la décision de la Confédération de prendre en charge les coûts du dépistage des personnes non symptomatiques dans le cadre de plans de protection, par exemple dans les EMS, les hôtels ou au travail. Pour la socialiste, cela permettra d’identifier plus tôt de potentiels porteurs du virus et ainsi d’éviter de nombreuses contaminations.

La crainte du variant britannique

Aux yeux d’Esther Waeber-Kalbermatten, cette aide est d’autant plus importante à l’heure où le variant britannique, qui se propage plus rapidement, gagne du terrain en Suisse. «Pour éviter de nous retrouver dans une situation critique dans quelques semaines, nous devons agir pour diminuer le nombre de nouveaux cas par jour. Pour cela, il faut que le taux de reproduction atteigne, idéalement, 0,6 contre plus de 1 à l’heure actuelle en Valais. Cela engendrerait une baisse des nouveaux cas journaliers de 120 actuellement à 50 ou 60.»