«Nous ne sommes pas venus à Berne pour quémander, simplement pour exiger que la Confédération respecte ses promesses.» Sans colère mais avec détermination, le ministre jurassien des routes, Laurent Schaffter, a expliqué pourquoi quatre cantons, le Jura, le Valais, Neuchâtel et Berne, ont manifesté samedi sur la place Fédérale: ils s'opposent aux coupes prévues dans les crédits autoroutiers, exigeant une manne suffisante pour réaliser le 7e programme des routes nationales accepté par le Conseil fédéral en 2003. Afin de terminer dans des délais raisonnables l'A16 entre Bienne et Boncourt, l'A5 entre Bienne et Yverdon et l'A9 dans le Haut-Valais (LT du 06.11.2004).

La manifestation a rassemblé 1500 personnes selon la police, entre 3000 et 4000 pour les organisateurs. L'affluence réelle est à mi-chemin. Un parterre coloré de rouge et de blanc, dominé par les drapeaux jurassiens et les casquettes aux couleurs du Valais. Pas d'étendard neuchâtelois, ni bernois. L'A5 sur sol neuchâtelois sera quasiment terminée l'an prochain et la manifestation a provoqué une polémique dans le canton de Berne, la ministre des routes, Barbara Egger-Jenzer, présente samedi, ayant décidé de ne pas s'exprimer pour ne pas compromettre le résultat de la votation sur la péréquation financière fédérale, où Berne a 100 millions à gagner. Amers, les Jurassiens bernois se sont faits discrets.

«Détournement de fonds»

Au micro, les ministres ont dénoncé «des reports successifs inacceptables dans la construction de nos autoroutes». Le Valaisan Jean-Jacques Rey-Bellet a qualifié les économies dans les crédits autoroutiers de «détournement de fonds», ajoutant que «le Valais a déjà contribué à la construction des routes nationales pour un montant qui dépasse celui qui ne sera jamais dépensé sur son propre territoire. L'achèvement de l'A9 est un droit chèrement payé.» Le Neuchâtelois Pierre Hirschy a cru bon de rappeler que «la Confédération encaisse chaque année plus de 5 milliards de redevance sur les carburants, une partie du montant n'étant pas affectée aux travaux». Suppléant la ministre bernoise, la présidente du Conseil régional du Jura bernois, Béatrice Devaux Stilli, a affirmé que «le franc que nous payons a la même valeur qu'ailleurs», n'admettant pas qu'on «refuse à nos régions ce qui leur a été promis».