Comme à chaque édition, tous les quatre ans, les élections cantonales valaisannes ont connu leur lot d'émotions, d'excès de langage, de dérapages et de déceptions. Le premier enseignement politique de cette campagne montre que le Valais s'est affirmé, à peine deux ans après l'élection d'un deuxième socialiste à Berne, comme un canton majoritairement bien ancré à droite. Le Parti démocrate-chrétien a regagné quelques sièges au parlement, assurant une majorité qui s'était effritée durant les dernières périodes. L'UDC fait pour sa part une entrée modeste au législatif avec deux sièges sur 130. Il y a fort à parier qu'il rejoindra le PDC lors des votes importants.

La gauche, elle, ressort affaiblie et sans doute isolée, même si le sortant Thomas Burgener a obtenu un excellent résultat au second tour, qui tient davantage du vote germanophone que d'un réel soutien idéologique.

Avec son résultat global, la gauche risque de se retrouver bien seule dans l'opposition si l'on en croit les propos d'Eddy Duc dans Le Nouvelliste: «Politiquement, Claude Roch incarne le changement du Parti radical, autorité tournée vers l'avenir, alors que le PRD a longtemps ressassé les affaires et le passé.» Ainsi, l'élection du président de Port-Valais, soutenu par une frange du PDC du Valais central, semble marquer une alliance de droite qui va présider aux destinées de la politique valaisanne durant quelque temps.

Pour les quatre années à venir, un remaniement des départements, établis après l'élection de Peter Bodenmann en 1997, est à l'ordre du jour. Certes, tout cela se décidera au sein du collège gouvernemental, mais des tendances se font jour.

Le mieux élu au premier tour, soit le démocrate-chrétien Jean-René Fournier, a semble-t-il fait part de son intention de reprendre le Département de l'économie, tout en conservant les institutions. Cette nouvelle fonction lui permettrait de rester en contact avec les communes et de traiter assez rapidement la problématique des remontées mécaniques par la création d'un fonds spécial pour venir en aide aux sociétés qui ont des difficultés de refinancement. Il pourrait également donner une nouvelle impulsion à la promotion économique.

Après sa bonne élection, Thomas Burgener a manifesté sa volonté de garder son département tel quel, soit la Santé, les affaires sociales et l'énergie. Sur ce dernier secteur, il pourrait y avoir une discussion serrée, car Jean-Jacques Rey-Bellet, chef du Département des transports de l'équipement et de l'environnement, aurait fait part de son désir de récupérer l'énergie, où des dossiers très sensibles doivent être résolus avec l'ouverture des marchés de l'électricité.

Il reste à caser le nouveau venu Claude Roch. Vu ses compétences, il pourrait reprendre les Finances. A condition que son actuel responsable Wilhelm Schnyder accepte de laisser le poste et de prendre quelque chose comme l'Education ou la Sécurité. Pour l'instant, tout cela reste en terme de supputations. Et dans tous les cas de figure, c'est la majorité démocrate-chrétienne qui aura le dernier mot.