Aménagement

Caran d’Ache noue un accord avec les autorités pour rester à Genève

La société, qui fabrique notamment des crayons de couleur, migrera de Thônex à Bernex. Sur la parcelle qu’elle quitte seront construits 450 logements. Le Conseil d’Etat a fait une exception à sa politique

Caran d’Ache reste fidèle au canton de Genève. Le fabricant d’instruments d’écriture migrera du sud du canton vers l’ouest, selon un accord trouvé avec le Conseil d’Etat. Le déménagement de son site de production et des 300 employés aura lieu à l’horizon 2022-2023. L’entreprise, fondée à Genève en 1915, quittera Thônex pour Bernex, à proximité de l’autoroute de contournement, en zone industrielle.

Le terrain libéré par Caran d’Ache est destiné à recevoir 450 logements ainsi qu’un demi-groupe scolaire. Il ne sera pas classé en zone de développement, où les prix sont contrôlés par l’Etat, mais en zone ordinaire. Le Conseil d’Etat a détaillé les raisons pour lesquelles il a accepté de faire une entorse à la politique qu’il mène habituellement. En parallèle, il a en effet refusé une telle mesure dans le secteur des Corbillettes, à Vernier.

Condition sine qua non

Premièrement, le périmètre est détenu par un unique propriétaire, en l’occurrence Caran d’Ache. Ce dernier s’est engagé à respecter les densités minimales de la zone de développement. Il consacrera une part des habitations à des coopératives et à des immeubles avec encadrement pour personnes âgées. Il cédera le terrain nécessaire à la construction du groupe scolaire. Enfin, cette parcelle ne figurait pas au Plan directeur cantonal, document qui définit le développement de Genève jusqu’en 2030.

Ce déclassement en zone ordinaire était en réalité une condition sine qua non pour que cette opération se fasse. Avec des prix contrôlés, Caran d’Ache n’atteignait pas les rendements nécessaires pour entrer dans ses frais. «La zone de développement, c’était l’assurance de recours et de procédures sans fin, dit Pascal Uehlinger, conseiller administratif PLR à Thônex. Le projet des Communaux d’Ambilly et ses 25% de logements sociaux, cela fait déjà beaucoup pour notre commune. La zone ordinaire attirera des gens plus aisés. Bénéficier de ce petit havre fiscal, c’est agréable. Même si les négociations avec le Conseil d’Etat étaient musclées.»

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