Cardinal échappe à des investigations

Un autre site industriel fribourgeois est en pleine transformation: Cardinal. Au centre de Fribourg, le long des rails de chemin de fer, l’ancienne brasserie deviendra un parc de l’innovation baptisé «BlueFactory». Une vingtaine d’enseignes y sont déjà installées et de nombreuses entreprises et plateformes technologiques les rejoindront selon l’avancement des travaux.

Les terrains de Cardinal ont été rachetés en 2011 par le canton et la ville. Et ils figurent également au cadastre des sites pollués. Sauf que là, les travaux de démolition d’anciens bâtiments vont bon train. Et il n’est question ni d’investigations, ni de surveillance, ni d’assainissement. Ilford contre BlueFactory, deux poids deux mesures?

Absolument pas, répond Romano Dalla Piazza, du Service de l’environnement du canton de Fribourg. «Les terrains de Cardinal sont inscrits à notre cadastre pour deux raisons: à l’époque de la brasserie, des produits pétroliers y étaient stockés. Ils servaient à chauffer les locaux ou à approvisionner les camions de livraison. Enfin, le site a été construit sur un ancien remblai dont on sait qu’il a servi à entreposer des déchets urbains et industriels. De par cet historique, des investigations régulières ont été menées», explique-t-il.

Mais alors que le site est en pleine reconversion, le dossier n’est pas d’actualité au SEn. «La localisation et la future utilisation du terrain sont différentes. BlueFactory ne se développe pas sur une nappe phréatique, contrairement à Ilford. Et il n’y a pas non plus de sources d’eau à proximité ou en relation avec ce site, poursuit Romano Dalla Piazza. Enfin, on restera dans un environnement industriel.» Le Service cantonal de l’environnement se réserve néanmoins le droit d’intervenir au cas par cas. Car si en l’état, aucune investigation supplémentaire n’est à l’ordre du jour, pas question non plus de radier la zone du cadastre.

1132 terrains contaminés

Le canton de Fribourg a recensé 1132 sites pollués sur son territoire. Pour la plupart, il s’agit d’anciennes décharges, d’aires industrielles ou artisanales ou encore de buttes de stands de tir. Le cas prioritaire est celui de la Pila, dont les travaux d’assainissement, évalués à 250 millions de francs suisses, sont en cours de planification.