Nous avions invité le cardinal à donner une conférence sur le mystère de l’Eucharistie. Toujours au fait des avancées technologiques, il était arrivé avec Beamer et PowerPoint, à une époque où peu d’enseignants maîtrisaient ces outils – et moins de prêtres encore. Il avait commencé par nous montrer des images de galaxies et de nébuleuses, d’atomes et de cellules. Nous nous demandions si nous étions dans la bonne salle…

Puis, progressivement, l’évêque nous parlait d’organismes vivants, lesquels ont besoin de se nourrir et se complexifient. Nous commencions à distinguer son propos: dans le projet du Créateur, chaque prise de nourriture est ordonnée à cet ultime repas de la Messe. Si les êtres vivants ont besoin d’assimiler autre chose qu’eux-mêmes, c’est pour finir par manger Dieu. En retour, chaque repas, le plus humble et banal, est habité de cette logique eucharistique: l’échange de la Dernière Cène se prolonge et se renouvelle aux tables de nos maisons.