C'est l'un des grands espoirs du Parti socialiste fribourgeois. Carl-Alex Ridoré, 36 ans, est un fonceur. Personnalité ambitieuse, il porte haut l'étendard de sa formation qui caresse un rêve obsédant: gagner enfin une course à la préfecture. Depuis que ces magistrats sont élus par le peuple, le PS n'a en effet eu droit qu'une fois à cet honneur. C'était en 1981. Le Broyard Pierre Aeby ravissait à la surprise générale le château d'Estavayer-le-Lac au PDC. Par la suite, il deviendra conseiller d'Etat puis conseiller aux Etats. Preuve en est que la fonction de préfet, outre son intérêt propre, est un bon tremplin politique.

Les conditions n'ont jamais paru aussi favorables pour les socialistes. Lors des fédérales de 2007 - où Carl-Alex Ridoré a terminé à une excellente troisième place sur la liste du PS au National, derrière les élus Christian Levrat et Jean-François Steiert -, la gauche plurielle (PS, Verts, PCS) a recueilli 45% des suffrages en Sarine. Or elle s'est rangée unanimement derrière sa candidature.

D'un parlement à l'autre

Reste que pour être élu, il faudra aller chercher des voix au-delà du cercle partisan. Pour convaincre, le socialiste mise sur son parcours politique, déjà bien étoffé. Elu en 2001 au parlement de Villars-sur-Glâne, qu'il préside actuellement, il fait son entrée au Grand Conseil fribourgeois en 2006. Il se fait rapidement remarquer dans l'hémicycle de l'Hôtel de Ville, notamment lors du débat sur la loi cantonale relative au droit de cité, combattue à présent en référendum par l'UDC (la votation a également lieu le 1er juin).

Le sujet lui tient à cœur. Originaire d'Haïti, le député a en effet acquis la nationalité suisse en 1990. Il se passionne vite pour la chose publique, suivant les traces de son père, Charles Ridoré, ancien secrétaire romand de l'action de carême, à Lausanne, et qui fut longtemps un militant actif de la cause démocratique en Haïti. Une île qu'il a quittée en 1965. S'il devait être élu, Carl-Alex Ridoré deviendrait le premier préfet de couleur du pays.

«Ce qui m'attire dans la fonction, c'est la multiplicité des casquettes. C'est un politicien de terrain, davantage en contact avec la population que les conseillers d'Etat, par exemple. Le préfet doit endosser un rôle juridique, puis de médiateur, avant de présider une séance intercommunale, tout en dirigeant son équipe. C'est passionnant», relève-t-il.

Avocat, actif dans la médiation, il a le profil de l'emploi. «Comme élu à la fois dans un parlement communal et dans celui du canton, je mesure l'impact des décisions cantonales sur les ménages communaux. Or le préfet doit établir des ponts entre les deux niveaux. A ce titre, mon expérience peut servir», assure-t-il.

Ses priorités: favoriser une politique coordonnée des aînés, renforcer les liens entre la députation sarinoise et les acteurs locaux par une rencontre annuelle, combler les lacunes en infrastructures sportives.