Un voilier de compétition au coude-à-coude avec une autre embarcation superprofilée, le vent soufflant de bâbord. Cela ne vous rappelle rien? La victoire d'Alinghi, bien sûr. En l'occurrence, ce n'est toutefois pas la bombe marine d'Ernesto Bertarelli qui figure sur la une du programme électoral du Parti libéral, mais un autre voilier, anonyme et «libre de droit», assure son président Claude Ruey. Prudent, le PLS n'a pas, contrairement au Parti radical neuchâtelois qui l'a appris à ses dépens, utilisé une photo d'Alinghi pour mener sa campagne électorale, mais une image qui s'en inspire et insuffle l'esprit conquérant du vainqueur de la Coupe de l'America.

«Pour une Suisse qui gagne»: c'est ainsi que le PLS, qui a présenté sa plateforme électorale lundi à Berne, compte remonter la pente fédérale lors des élections de cet automne. Claude Ruey espère hisser la députation libérale à neuf, soit trois de plus que les six maigres sièges que les vents contraires et dévastateurs de 1999 lui ont laissés. Le PLS se défend d'être un «petit parti». «C'est un parti étrange. Il est peu représenté à Berne, mais il est fort dans les cantons de Bâle-Ville, Genève, Neuchâtel et Vaud», rappelle son président. Il défend un libéralisme éthique, «mais cela n'a rien à voir avec le néolibéralisme», précise-t-il.

Le PLS concentre sa stratégie sur cinq objectifs: la croissance économique, la formation et la recherche, l'Etat au service du citoyen, la sécurité et la qualité de vie, l'ouverture au monde. Favorable à l'équilibre des finances, le Parti libéral accorde cependant une priorité plus grande aux investissements dans la recherche. Il ne les sacrifiera pas sur l'autel de l'équilibre budgétaire. Il maintient l'objectif de l'adhésion à l'UE, mais, vu le peu d'enthousiasme manifesté par la population suisse ces dernières années, propose d'explorer la piste de l'accord d'association, qui permettrait selon lui d'assurer des contacts plus réguliers entre Berne et Bruxelles. Sur le plan de la sécurité, le PLS plaide pour l'instauration de procédures de flagrant délit. Et il souhaite maintenir une politique d'intégration «humaine et réaliste, car la Suisse s'est aussi enrichie grâce aux étrangers», plaide Claude Ruey, qui cite Nestlé, Maggi, Saurer, Kudelski et… Bertarelli! Tiens, la boucle (d'amarrage) est bouclée…