En année électorale, le début de la pause estivale coïncide avec l'ouverture de la chasse. Bien que la saison politique soit officiellement terminée, les partis s'observent en chiens de faïence et sont à l'affût du moindre faux pas. Chacun s'affaire pour occuper le devant de la scène et exciter l'intérêt des médias.

Pour l'heure, le PS tient la corde. Sa campagne d'affichage agressive lui garantit une large publicité. Poussé dans les cordes, obligé de réagir, le PDC condamne les méthodes utilisées par les socialistes, qu'il juge dignes de celles employées par des Haider ou des Fortuyn. L'échange d'amabilités s'est poursuivi lundi, avec une réaction indignée de la principale cible du PS, le conseiller fédéral Joseph Deiss, et une nouvelle montée d'adrénaline du PDC, qui annonce qu'il ne cédera pas «au chantage d'un PS en mal d'orientation».

Pendant que le PS et le PDC s'assurent une solide couverture médiatique à force de s'écharper publiquement, le PRD et l'UDC restent dans l'ombre. Mais ils cherchent activement la riposte et s'apprêtent à se livrer à leur propre duel à la fin de la semaine. Le PRD a convoqué une conférence de presse vendredi pour faire le point à tout juste cent jours des élections fédérales. Tous ses ténors seront là, alignés derrière leur présidente Christiane Langenberger. Ce rendez-vous est qualifié de «très habile» par un observateur d'un autre parti, car il tombe le jour même de la publication du prochain baromètre électoral. En convoquant la presse ce jour-là, le PRD est assuré d'avoir un bon écho médiatique. Mais l'UDC ne saurait être en reste à un moment aussi crucial de la campagne. Elle a décidé d'anticiper la manœuvre radicale et convoque une conférence de presse jeudi pour faire le point… cent un jours avant les élections! Tous ses ténors seront là, alignés derrière leur président Ueli Maurer, etc., etc. Voilà qui promet un bel été.