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Caroline Beglinger: «Le SwissPass ne comporte pas plus de risques que les abonnements de téléphonie mobile»

Le 1er août voit l’entrée en service du SwissPass, une carte qui va remplacer les abonnements généraux et les demi-tarifs. Le nouveau système suscite des réserves, notamment chez les représentants des consommateurs. Les réponses de Caroline Beglinger , codirectrice de l’Association transports et environnement

«Le SwissPass n’est pas plus exposé que les abonnements de téléphonie mobile»

Questions à

Dès le 1er août, la carte SwissPass rouge remplacera les abonnements généraux et demi-tarif. Elle inclura les offres Mobility, Publibike, des musées et des domaines skiables.

Le Temps: Quels sont les avantages du SwissPass pour l’usager?

Caroline Beglinger: L’un des avantages, c’est qu’on ne doit pas le renouveler soi-même. Cela se fera automatiquement. Aujourd’hui, 60% des titulaires d’un abonnement général ou d’un demi-tarif le prolongent année après année. Or, il peut arriver qu’on oublie de le faire dans les délais. Avec le SwissPass, on résout ce problème.

Les associations de consommateurs ont protesté contre cette reconduction tacite et obtenu que les clients soient informés par courrier à l’avance…

– Cette crainte me surprend. Le renouvellement automatique se pratique déjà dans la téléphonie mobile et est bien accepté. Il offre un confort considérable aux abonnés et leur permet d’entrer dans l’âge numérique. Mais l’envoi d’un courrier avant la reconduction est une bonne solution, qui peut calmer les craintes.

Sur le SwissPass ne figure qu’un nombre limité de données: la photo du titulaire, son nom, sa date de naissance et un code d’identification. Les autres informations, comme le genre d’abonnement et sa durée de validité, seront vérifiées par scannage. Cela ne complique-t-il pas les contrôles dans les trains?

– C’est difficile à dire. Il faudra voir à l’usage. J’ai travaillé naguère aux transports publics de Bienne. Il y avait déjà des billets électroniques et le scannage allait vite. Pour le train, on pratique de plus en plus le contrôle par pointages, cela ne devrait donc pas poser problème.

Les informations sont stockées dans une banque de données. Craignez-vous pour leur sécurité?

– C’est justement en raison de la protection des données que le choix du SwissPass a été fait. Aucune information sensible ne figure sur la carte, ce qui est un avantage en cas de vol. Les CFF ne vont conserver les données que durant 90 jours, avant de les détruire. Certaines informations sont cependant utiles à des fins statistiques. Elles permettent de voir si l’offre doit être adaptée à l’évolution de la demande et pourront servir de base à la répartition des recettes entre les entreprises de transport public.

Le SwissPass a néanmoins une sorte d’effet Cumulus: les CFF n’excluent pas d’utiliser certaines données à des fins de marketing. N’est-ce pas dangereux?

– Je suis consciente des risques. Mais que dire de nos smartphones? Que font Swisscom, Salt, Sunrise ou Google des informations qu’ils enregistrent sur nos déplacements ou nos consultations sur Internet? J’ai le sentiment que les entreprises de transport public prennent la question de la protection des données bien plus au sérieux que certains de ces opérateurs.

Ne faudrait-il pas passer directement à la billetterie électronique?

– C’est le but à atteindre. L’ATE pense qu’il faut aller rapidement dans cette direction et remplacer les billets traditionnels par des cartes à puce. La Suisse a pris du retard dans ce domaine. Mais je comprends qu’on ait choisi d’y aller pas à pas. Le SwissPass ne sait pas encore tout faire, mais c’est un bon moyen d’habituer les clients à la digitalisation. Dans vingt ans, je pense qu’on aura une billetterie électronique sans carte, entièrement gérée sur des supports tels que les smartphones et qui coûtera moins cher que les systèmes actuels.

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