TRAMS GENEVOIS

Carouge récupère sa liaison directe avec Cornavin

La ligne 18 sera prolongée de Bel-Air à la cité sarde. La ministre Michèle Künzler explique cette décision

Carouge récupérera au printemps prochain sa liaison directe par le tram avec la gare centrale de Cornavin. La ministre genevoise de la Mobilité, Michèle Künzler, a confirmé cette décision, après qu’elle a été révélée jeudi matin sur le site du Temps.

La cité sarde a dû s’habituer aux transbordements depuis la réfection du réseau de tramway, intervenue fin 2011 et très critiquée depuis. Ce réseau simplifié en trois axes indépendants a aboli l’ancien dispositif où des lignes se partageaient des tronçons avant de diverger. Depuis lors, les Carougeois n’ont jamais fait le deuil de la ligne 13, qui, depuis 1995, les convoyait directement à Cornavin. Ce printemps, une pétition exigeant son retour a réuni en deux mois plus de 5000 signatures.

Le tram 13 ne ressuscitera pas. Par contre, les autorités prolongeront la ligne 18, qui constitue une exception au principe des axes séparés régissant le réseau actuel. Elle emprunte sur la quasi-totalité de son parcours les voies de la ligne 14, mais dispose en périphérie d’un terminus distinct (au CERN) alors qu’elle rebrousse chemin au centre-ville, à la hauteur de Bel-Air, l’un des grands pôles d’échange du réseau. A l’avenir, elle poursuivra son chemin du centre-ville vers Carouge en empruntant les voies de l’historique ligne 12. La restitution de liaisons directes sans transbordement a été réclamée par des milieux divers, du TCS à l’ATE en passant par les autorités carougeoises.

Pourquoi avoir tant attendu? «Nous travaillons sur ce projet depuis plus d’un an et j’ai dû lutter pour faire admettre que c’était possible, affirme Michèle Künzler. Il m’a fallu du courage pour subir le feu des critiques, mais je ne voulais rien annoncer tant que les choses n’étaient pas prêtes.» Selon l’élue, le principal obstacle était la réfection, annoncée comme imminente, du pont de Carouge, mais ce chantier a été gelé pour des motifs patrimoniaux. Les quais du rondeau de Carouge devront être adaptés pour accueillir le nouveau terminus de la ligne 18.

«Meilleure lisibilité»

«Cette modification complétera le réseau et lui donnera une meilleure lisibilité», estime l’élue. Son annonce est tout sauf anodine alors que l’écologiste est notoirement en difficulté à l’heure de briguer sa réélection à l’exécutif le 6 octobre et le 10 novembre prochains. A mi-mandat, la réfection du réseau de tram a marqué le début des hostilités envers Michèle Künzler, qui a défendu le nouveau plan de circulation des trams alors qu’elle est l’une des seules parmi les autorités actuelles à ne l’avoir jamais voté. En effet, le Conseil d’Etat l’a adopté peu avant qu’elle y soit élue en 2009 et elle avait déjà quitté le parlement quand celui-ci s’est prononcé à son tour.

Les fréquences de la ligne 18 (un tram toutes les dix minutes) s’ajouteront sur le tronçon commun à celles de la ligne 12, qui ne subira pas de réduction. «Il arrivera que deux trams se suivent, mais cela n’est pas grave en soi, estime Michèle Künzler. Avec ce changement, 85% des usagers du réseau disposeront de trajets directs, contre 80% aujourd’hui.» On supprimera la ligne de bus 27, inaugurée en avril dernier pour offrir aux Carougeois une liaison directe avec la gare, dont le tracé était controversé.

Entre autres priorités, Michèle Künzler veut maintenant obtenir un meilleur fonctionnement des appareils de billetterie, victimes de pannes en série. Elle compte aussi lancer une large consultation, en coopération avec des bureaux d’ingénieurs, pour préparer une adaptation du réseau à la mise en service de la ligne ferroviaire CEVA (Cornavin - Eaux-Vives - Annemasse), prévue fin 2017.

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