Scandale

CarPostal France a bien bénéficié de l’argent illicite

La Poste confirme que 67 millions prélevés sur les bénéfices illégaux ont transité par la maison mère et servi à renforcer la présence de CarPostal à l’étranger

La Poste confirme ce qu’on supposait depuis plusieurs semaines: l’entreprise juge désormais «vraisemblable» que les bénéfices illicites réalisés par CarPostal aient «servi à renforcer les activités à l’étranger», en France et au Liechtenstein. L’entreprise dit avoir procédé à un «examen approfondi de la situation» après la publication, à mi-juin, des rapports du bureau Kellerhals Carrard et du groupe d’experts externes, mandatés par le président du conseil d’administration, Urs Schwaller.

Cette analyse confirme que «CarPostal a procédé de 2007 à 2012, auprès de la maison mère, à une distribution dissimulée du bénéfice pour laquelle il n’existait aucune justification». Cela s’est fait sous la forme de frais de licence non autorisés portant sur l’utilisation de la marque CarPostal. Ces opérations portent sur une somme de 67 millions durant cette période. Et un montant de même grandeur a été investi dans les activités de CarPostal à l’étranger.

Le communiqué diffusé mardi précise que «toutes les prestations n’ont pas été imputées à CarPostal France et à CarPostal Liechtenstein». Les données concernant la «rentabilité de l’engagement de CarPostal à l’étranger ont donc été présentées de manière incomplète par le passé». Cela n’aurait toutefois eu «aucune conséquence sur le résultat des deux sociétés étrangères».

Retrait du Liechtenstein

Cette annonce intervient une semaine après la conclusion d’un accord extrajudiciaire entre CarPostal France et trois de ses concurrents en Isère, à qui un dédommagement de 6,2 millions d’euros sera versé. CarPostal va se retirer progressivement du territoire français. Désormais, la filiale de La Poste va aussi réexaminer sa présence au Liechtenstein, la concession actuelle courant jusqu’en 2021.

Lire aussi: CarPostal règle son litige en France

Urs Schwaller et Doris Leuthard ont été auditionnés en ce début de semaine par deux commissions parlementaires, dont celle de gestion du Conseil des Etats. Cette dernière, qui a pris connaissance des rapports intégraux des experts, y compris des parties non publiées, a formulé une série de questions supplémentaires à leur intention et reparlera de l’affaire en août.

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