affaire Giroud

La carrière politique brève et sans éclat du détective privé

Le détective privé impliqué dans le piratage informatique de journalistes qui enquêtaient sur l’affaire Giroud avait quitté l’UDC d’Onex en 2010 pour rejoindre le MCG

Une carrière politique brève et sans éclat

Avant d’être impliqué dans l’affaire Giroud, le détective privé ge­nevois M. s’était lancé dans une ­carrière politique locale, à laquelle il a dû renoncer assez vite, trop occupé qu’il était à ses investigations.

Il s’est fait remarquer en 2010 lorsque, avec un autre élu UDC, il décidait de quitter la section du parti à Onex, minée par des querelles internes, pour rejoindre les rangs du MCG. En 2011, il est élu conseiller municipal dans cette ville sous sa nouvelle étiquette. «Nous étions contents d’avoir des transferts de toutes les formations politiques, qui ne faisaient que renforcer le parti», se souvient Roger Golay. Le président du MCG affirme ne pas connaître personnellement le détective M., qu’il n’a fait que «rencontrer une ou deux fois». «A ce moment, nous ne pouvions pas nous imaginer qu’il serait lié à une affaire peu reluisante», dit-il.

Eric Stauffer l’a par contre côtoyé de plus près. Lorsque le transfuge entrait dans son parti, il était déjà membre du Conseil administratif, l’exécutif d’Onex. Voyant se réaliser son souhait de «siphonner les forces vives de l’UDC», il n’était pas mécontent de voir arriver cette nouvelle recrue. Un homme déjà doté d’une expérience de conseiller municipal depuis 2007 et qui avait su séduire le ténor du MCG: «Il travaillait beaucoup et se prévalait d’un réseau de relations important, se souvient Eric Stauffer. Il disait qu’il était en contact avec des correspondants dans plusieurs pays et qu’il était capable d’enquêter sur n’importe quoi. Il se vantait aussi de travailler pour des banques.»

Absentéisme

Eric Stauffer déchante à mesure que le détective se montre insaisissable. Absorbé par ses enquêtes, il fait souvent l’impasse sur son mandat d’élu, manque des rendez-vous de commissions et deux séances plénières. «Il n’a pas marqué le conseil autrement que par son absence», confirme François Mumenthaler, élu PLR d’Onex. Huit mois plus tard, en 2012, Eric Stauffer demandait au transfuge de remettre son mandat. «Ce qu’il a fait sans histoire. Depuis, nous n’avons plus de nouvelles», dit-il. Le conseiller administratif ­affirme qu’il n’entretenait avec M. que des relations professionnelles: «C’était un collègue politique, je ne connais pas sa famille.» Avait-il su qu’il était impliqué dans l’affaire de corruption au sein de l’Office des poursuites? «Ça s’était su, mais il n’avait déjà plus de fonction élective à ce moment.»

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