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Les cars privés Domo Reisen veulent proposer quatre lignes nationales

Dans un climat hautement polémique, la société zurichoise annonce qu’elle vise quatre axes, dont Genève-Aéroport - Saint Gall

L’entreprise de bus zurichoise Domo Reisen veut offrir, dès décembre, quatre lignes nationales d’autocar longue distance. Elle est pour l’instant la seule entreprise à avoir demandé une concession à l’Office fédéral des transports (OFT). D’autres ont toutefois fait part de leur intérêt.

«Nous avons reçu des demandes d’informations d’autres entreprises, mais pour l’instant Domo Reisen est la seule à avoir déposé une demande de concession», a indiqué lundi un porte-parole de l’OFT, confirmant une information de la NZZ am Sonntag. Si elle l’obtient, elle sera la première entreprise helvétique du genre à rouler sur les routes du pays.

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Les entreprises intéressées peuvent déposer une demande en tout temps. Pour ce genre de concession, il n’y a pas de délai, explique l’OFT. Ce dernier se prononcera sur la demande de Domo Reisen d’ici au changement d’horaire, le 10 décembre prochain.

Quatre lignes, une quarantaine d’arrêts, wi-fi et boissons

Domo Reisen souhaite que ses bus circulent, dès le changement d’horaire, sur les lignes Saint-Gall - Zurich - Genève-Aéroport, Bâle-Aéroport - Lucerne - Lugano, Coire - Zurich - Sion ainsi qu’entre les aéroports de Bâle et de Zurich. Ces lignes couvrent une quarantaine d’arrêts en tout, a précisé lundi Patrick Angehrn, directeur de Domo Reisen.

Un horaire a été mis en place. Dans un premier temps, les bus feront un aller-retour par jour. Dès juin 2018, la cadence passera à deux, ajoute Patrick Angehrn. Les bus disposent de toilettes, d’un wi-fi et d’un service de boissons et snacks. Première et deuxième classes sont également prévues. En tout, l’entreprise proposera 828 places par jour.

Dans un rapport présenté jeudi dernier par l’OFT, le Conseil fédéral propose d’intégrer les entreprises de bus au système de transports publics existant. Des lignes d’autocar nationales longue distance pourraient être autorisées à condition de ne pas concurrencer de manière essentielle les offres existantes, avait précisé Pierre-André Meyrat, directeur suppléant de l’OFT.

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Pas de concurrence pour les CFF

Selon Pierre-André Meyrat, des sociétés comme Domo Reisen ne mettent pas en danger l’offre existante. Un avis partagé par le directeur de l’entreprise. Patrick Angehrn cite une étude du Ministère des transports allemand pour étayer ses propos: «Seuls un tiers des utilisateurs de bus longue distance viennent du rail. Les deux autres tiers sont des personnes qui utilisaient leur propre voiture ou ne voyageaient pas avant.»

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Par rapport à l’offre de trains, les temps de trajet sont, de manière générale, deux fois plus longs. En revanche, le prix d’un billet est deux fois moins cher. L’offre de Domo Reisen est destinée plutôt aux voyageurs occasionnels, a souligné son directeur dans le journal dominical.

Un devoir de reconnaissance des abonnements

En obtenant une concession, l’entreprise devrait reconnaître la validité de l’abonnement demi-tarif et de l’abonnement général sur les trajets qu’elle effectue. Elle serait aussi tenue de publier des horaires et de s’y tenir.

Elle devrait respecter le droit social, avait rappelé Pierre-André Meyrat. La concession serait également liée à une obligation de réservation préalable des billets afin que les passagers ne restent pas sur le carreau.

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