Les cantons romands se sont partiellement mis d'accord pour se répartir 1280 nouvelles places d'hébergement pour requérants d'asile gérées par la Confédération. Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) a annoncé lundi que Perreux, sur la commune de Boudry (NE), accueillera le principal centre de procédure car le site dispose de la capacité nécessaire, soit 480 places. Deux centres de départ de 250 places chacun seront implantés à Chevrilles, dans le canton de Fribourg, et au Grand-Saconnex, dans le canton de Genève. Reste à connaître l'emplacement pour un troisième centre de départ et un centre de réserve qui devraient se situer entre les cantons de Vaud et du Valais.

Cette planification découle de la restructuration du domaine de l'asile prévue pour accélérer les procédures. 60% des cas devraient ainsi être traités dans des nouveaux centres régionaux de la Confédération dans un délai maximal de 140 jours.

Les gagnants, les perdants

Même si elle n'est encore que partielle, la carte romande du nouveau dispositif est diversement appréciée. Le Conseil d’État neuchâtelois parle d'un impact positif pour le canton et la commune de Boudry avec à la clé, la création de 150 places de travail sur le site de Perreux. Dans le canton de Genève, un bâtiment neuf sera construit au frais de la Confédération au Grand-Saconnex, à l'emplacement du foyer des Tilleuls, près de l'aéroport. La convention a déjà été signée entre la Confédération, le canton et la commune.

Le canton de Fribourg aurait préféré accueillir à Chevrilles un centre de procédure afin de rassurer une population qui avait exprimé son mécontentement lors d'une soirée d'informations fort houleuse, il y a une année, avec huées, sonneurs de cloche et feux allumés sur les collines alentours. Mais le bâtiment de la Gouglera, acquis l'an dernier par la Confédération, n'a pas la capacité suffisante et deviendra donc un des trois centres de départ. «Ce choix n'est pas une surprise, nous nous y attendions », réagit Othmar Neuhaus, syndic de Chevrilles. Mais pour lui, il y a encore beaucoup d'inconnus. «Nous devons discuter de l'utilisation de nos infrastructures et aussi de la sécurité. Après ce qui s'est passé à Cologne le 31 décembre, il est primordial d'établir la confiance », estime-t-il.

La conseillère d’État Anne-Claude Demierre est confiante. « Les projets-pilote montrent que le nouveau système fonctionne bien, explique-t-elle. Et à Chevrilles, le site dispose de locaux et de suffisamment d'espace pour des programmes d'occupation et des activités sportives ». Et de rappeler que les requérants y séjourneront entre quelques semaines à deux mois maximum, avant d'être renvoyés ou relogés dans un canton si le renvoi pose des difficultés. Les récalcitrants ou ceux qui devraient troubler l'ordre public seront également relogés dans un centre spécial.

L'inconnue vaudoise

Reste donc encore à terminer le puzzle romand en y incluant Vaud et le Valais. En l'état, le canton de Vaud se défend de toutes accusations de retard ou de mauvaise volonté. Conseiller d’État en charge du dossier, Philippe Leuba indique qu'un site a été trouvé. « La solution a été admise par la commune concernée, le Conseil d’État vaudois et la Confédération. Cette dernière m'a juste demandé de ne pas la dévoiler», affirme-t-il, sans cacher son mécontentement de la stratégie de communication de la Confédération. «Tout n'est pas réglé. Il faut encore décider s'il s'agit d'un lieu de renvoi ou de réserve, par exemple. Mais nous avons proposé une solution politiquement acceptable pour l'une ou l'autre des possibilités», indique Philippe Leuba.

La commune de Vallorbe, qui abrite actuellement un centre d'enregistrement, ne serait ainsi plus concernée. Par contre, le cantonnement militaire de Dailly, dans le Chablais vaudois, a été évoqué.