Le haut contre le bas, les villes contre les campagnes, la métropole contre la périphérie: la carte du vote sur la révision de la loi sur la chasse, qui a opposé deux camps pratiquement égaux, est presque caricaturale.

Deux camps presque égaux, mais de très fortes différences d’appréciation selon les endroits. Ainsi, les territoires alpins plébiscitent dans leur ensemble la loi fédérale, avec des scores parfois très clairs: le Haut-Valais, la Surselva grisonne à plus de 80%, l’Entlebuch lucernois à peine moins. Dans l’ensemble de l’Arc alpin on compte sur les doigts d’une main les communes qui refusent la loi.

Les villes refusent la loi

A l’inverse, la métropole refuse la loi, très sèchement en ville – autour de 65 à 75%. Plus généralement, de très nombreuses communes de plaine s’opposent aussi, dans les couronnes périurbaines et les grandes banlieues: il n’y a guère qu’en Suisse orientale, hors des réseaux métropolitains, que la loi trouve majoritairement grâce en plaine; en miroir, l’Arc jurassien, pourtant montagnard et sauvage, refuse également la loi. Au Tessin aussi, c’est le caractère métropolitain ou périphérique qui commande le résultat: la montagne approuve très largement, mais les villes rejettent.

Ainsi, deux visions assez opposées du rapport à la nature en Suisse viennent de se heurter: d’une part, celle des périphéries, qui sont au contact quotidien des problématiques de gestion, parfois conflictuelle, de la nature, et d’autre part, la vision métropolitaine et romantique d’une Suisse des montagnes à renaturer. Avec, comme vainqueur cette fois-ci, la vision urbaine.