Loin de réaliser les chiffres d'affaires espérés, les exploitants des casinos de type B sont venus frapper à la porte de la Commission fédérale des maisons de jeu (CFMJ). Ils ont formulé trois revendications, confie son président, Benno Schneider, qui a présenté lundi son rapport annuel: ils demandent la suppression de la distinction entre casinos A et casinos B, une réduction supplémentaire des impôts prélevés sur leurs gains et l'assouplissement des prescriptions qui leur sont imposées. Benno Schneider n'entre pas en matière, à une exception près.

«Tous les exploitants avaient connaissance des conditions avant de commencer leur activité. Il n'est pas question aujourd'hui de changer les règles du jeu en cours de partie, je ne peux donc pas approuver l'idée de supprimer la distinction entre casinos A et B. Pour les impôts, on ne peut pas aller au-delà de ce qui a déjà été admis, notamment la réduction dite d'utilité publique et celle accordée aux kursaals des régions touristiques. On peut éventuellement mettre en discussion la mise maximale pour les automates (ndlr: elle est fixée à 5 francs) et le nombre de tables de jeu autorisées», décortique-t-il. Comme ces restrictions sont définies dans des ordonnances, il appartiendrait au Conseil fédéral de les assouplir.

Benno Schneider reconnaît néanmoins les difficultés des kursaals sis dans les régions de montagne (Le Temps du 27 juin). «Ils attirent clairement moins de public que ce qui avait été escompté. On a surestimé l'aspect touristique de ces casinos», diagnostique-t-il. Mais il plaide pour une politique libérale et juge qu'il n'y a pas à intervenir: «Les casinos qui ne réalisent pas un chiffre d'affaires suffisant disparaîtront du marché», décrète-t-il. C'est le cas du casino B d'Arosa, qui a d'ores et déjà mis la clé sous le paillasson.

De manière générale, les débuts des activités des maisons de jeu sont assez difficiles. Le produit brut réalisé en 2002, année durant laquelle la plupart ont ouvert leurs portes, a atteint 300 millions. De cette somme, les exploitants ont reversé 120 millions en impôts aux cantons (30) et à l'AVS (90). Pour cette année, les casinos pourraient dégager un produit brut de 500 à 550 millions, dont 200 millions seraient restitués en taxes.