Sur le papier, les écoles de Suisse romande, épargnées par le semi-confinement, continuent de fonctionner normalement. Dans la réalité, le suivi des cours à domicile se révèle parfois chaotique pour les élèves en quarantaine. Différence de pratiques entre les enseignants, manque de soutien à domicile: les inégalités observées durant la première vague se manifestent à nouveau. Au risque de creuser l’écart entre les élèves. Alors que la plupart des cantons se disent prêts à basculer en ligne si une fermeture était annoncée, certains enseignants pointent un manque de moyens ou d’anticipation.

Au moment où la deuxième vague frappe durement la Suisse romande, les quarantaines se multiplient, chez les professeurs comme chez les élèves. Une équation insoluble pour Gregory Durand, président de la Société pédagogique vaudoise. «Il est illusoire de penser que l’on peut faire suivre le programme à des enfants à distance, estime-t-il. Certains élèves sont en quarantaine parce que leurs parents sont malades, d’autres sont eux-mêmes malades. La priorité est de s’assurer qu’ils vont bien, de garder le contact.» En cas de nouveau semi-confinement, les outils techniques pour un enseignement à distance sont à ses yeux prêts, mais la pratique manque. «Nous n’avons pas eu le temps de les implanter, souligne Gregory Durand. Ni les enseignants, ni les élèves, ni les parents n’ont pu se les approprier.»